3. F.T.P.-M.O.I. contre polices française et allemande
Cependant, une telle activité, qui provoquait dégâts, morts et blessés et qui, surtout, suscitait un sentiment d'insécurité parmi les troupes d'occupation, ne pouvait laisser les Allemands indifférents. La répression fut, pour les phases de recherche, le fait de la B.S.2 de la Préfecture de police, les Allemands n'intervenant qu'après les arrestations (interrogatoire, procès, condamnation, exécution ou déportation). Elle pouvait prendre une forme ponctuelle – réactions à la suite d'une attaque des F.T.P., arrestation inopinée de combattants lors de rafles ou de barrages dans le métro ou dans les rues, etc. Mais la répression adopta essentiellement une forme stratégique, les B.S. s'engageant dans des filatures et surveillances de longue durée, pouvant s'étaler sur des semaines, voire des mois, afin de lancer leurs filets sur un maximum de combattants.
Elle connut trois étapes principales. La première aboutit à la fin de mars 1943, après trois mois de filature, à l'arrestation de cinquante-sept jeunes de la section juive de la M.O.I. parisienne et de leur chef, Henri Krasucki. Celui-ci, alors âgé de dix-huit ans, sera déporté ; il deviendra dans les années 1960-1980 l'un des dirigeants du P.C.F. et de la C.G.T.
La deuxième vague de répression eut lieu le 2 juillet 1943 : après dix semaines de filature, la police arrête vingt-cinq militants dont la plupart des combattants du 2e détachement. Quatre d'entre eux furent fusillés au mont Valérien les 1er et 2 octobre 1943. Après cette catastrophe, Boris Holban décida de ménager ses hommes, mais la direction nationale des F.T.P. réclamait toujours plus d'action. Holban refusa d'obtempérer ; il fut démis de ses fonctions à la fin de juillet 1943 et remplacé par Missak Manouchian, un militant arménien, certes courageux mais qui avait peut-être sous-estimé l'efficacité des méthodes policières. Alors que les F.T.P.-M.O.I. reprenaient leurs activités de plus belle, la police tendai […]
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