5. La ville contemporaine
En 1869, l'empereur Meiji quitte Kyōto et transfère la capitale à Edo, que l'on rebaptise alors Tōkyō, la « capitale de l'Est ». Si, jusqu'à cette époque, on était « monté » à Kyōto en venant d'Edo, désormais on y « descend ». Depuis lors, Kyōto a définitivement perdu son rang de première ville de l'archipel.
En 1894, le mille centième anniversaire de la fondation de Heian-kyō est l'occasion pour les autorités locales de lancer un grand projet de modernisation de la ville. Des grandes avenues « à l'occidentale » sont percées, et l'éclairage est installé sur la voie publique. Le percement d'un canal résout les problèmes d'approvisionnement en eau des nouveaux quartiers, crée une liaison fluviale avec le lac Biwa et permet la construction d'une centrale hydroélectrique dont vont bénéficier la ville et ses industries. Les transports en commun sont inaugurés, en 1894, avec la mise en service de lignes de tramways. À la même époque, la Diète vote l'organisation à Kyōto de la quatrième exposition des industries nationales. À cette occasion, un parc d'expositions (l'actuel quartier des musées) et le sanctuaire de Heian (Heian-jingū) sont édifiés sur des terres vides au sud d'Okazaki. Conçu comme une reproduction à échelle réduite de l'antique palais de l'Ultime suprême (Daigoku-den), il va abriter les mânes de l'empereur Kammu, qui y sont rapatriés en grande pompe le 15 mars 1895. On ouvre de nombreuses écoles et des hôpitaux ; plusieurs établissements d'enseignement supérieur sont créés, dont la célèbre Université impériale de Kyōto (1887), l'actuelle université de Kyōto (Kyōto daigaku).
En 1889, la municipalité couvrait une plaine de 30 kilomètres carrés ; elle englobe aujourd'hui les montagnes alentour, et sa superficie atteint 610 kilomètres carrés. Depuis la Seconde Guerre mondiale, dans l'ensemble de la plaine, jusqu'à la limite des montagnes, a été construit un habitat résidentiel, de type pavillonnaire ou collectif de petite taille. Cette urbanisation […]
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