4. Organisation politique
Au sommet le Nyim, chef des Bushoong, dirige l'exécutif et est juge suprême. Son autorité repose sur la volonté divine. Aîné du lignage royal, sa nomination est ratifiée par le conseil de la couronne, qui a le droit de choisir un homme plus capable, dans le même lignage : dans ce cas tous ses aînés doivent mourir.
Le Nyim a le pouvoir surnaturel de dispenser la fécondité ; il intervient rituellement pour restaurer l'abondance des récoltes, faire pleuvoir, faciliter les accouchements. Sa malédiction cause la stérilité. Il ne peut voir blessure, cadavre, tombeau, sans risquer de perdre son pouvoir vital. Le ndop, statuette qui le représente, est vénéré après sa mort, car il conserve dans l'au-delà une existence individuelle. Des chansons en son honneur l'appellent « la vie de tous les Bushoong », « l'homme qui distribue les naissances », « le dieu qui a créé plaines et forêts ». Tous les Kuba admettent le lien entre la royauté et le sacré : lien que certains conçoivent comme direct et que d'autres attribuent à l'emploi de charmes magiques. On discute volontiers ce point d'interprétation. Le roi doit être juste, libéral, généreux et jaloux de sa préséance ; ses cinq cents esclaves sont toujours prêts à exécuter quiconque lui a manqué de respect ; toutefois ces exécutions sont secrètes, car il ne lui est pas possible de devenir un tyran : une série de conseils et de dignitaires sont prévus pour l'en empêcher. Magicien, le Nyim peut se transformer en léopard et manger des hommes, pourvu que ces transgressions des tabous augmentent sa force vitale qui rejaillit sur son peuple. De même, il est obligé de s'unir sexuellement à sa sœur, et d'épouser une de ses nièces ; par l'inceste il sort de son matrilignage et devient roi de tous.
Le Nyim semble une incarnation des valeurs implicites de la culture kuba : il garantit l'ordre qui permet la richesse, affichée avec ostentation ; il est principe de vie et cela l'autorise à faire fi de toute loi trop rigide et stérilisante.
Le pouvoir […]
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