2. L'achèvement de la mission divine
Kṛṣṇa dut encore triompher de nouveaux adversaires que lui suscita Kamsa, avant de l'exterminer lui-même, selon la prédiction, ainsi que son beau-frère, le roi Jarāsandha du Maghada, devenant ainsi le maître du royaume. Toutefois, il s'en éloigna au bout de peu de temps, peut-être dans la crainte d'une attaque des Yavana, « les Grecs », et s'en alla fonder, aux bouches de l'Indus, la ville mythique de Dvārakā. Secrètement, les siens vinrent l'y rejoindre. C'est là qu'il épousa par rapt Rukminī-Lakshmī, fille du roi des Vidarbha. Ces noces donnèrent lieu à des fêtes splendides dont le récit se trouve dans le Bhāgavata-Purāṇa : « Grande fut dans chaque maison la joie des habitants, dont le cœur était voué exclusivement à Kṛṣṇa... La ville... resplendissait sous les bannières d'Indra haut dressées, sous les arcs de triomphe formés des guirlandes, des étoffes et des pierreries les plus belles, sous les apprêts de fête disposés à chaque porte, sous les vases débordants, sous l'encens du bois d'aloès et des lampes. »
Kṛṣṇa mena alors une existence fastueuse près de Rukminī, la première de ses innombrables épouses – on en compte seize mille cent – et de ses non moins innombrables fils : cent quatre-vingt mille ! Cependant, ne pouvant se contenter d'une existence riche et paisible, il l'interrompit par de nouveaux combats contre les démons, par la lutte consécutive à la révolte de son cousin le roi Çiçupāla, qu'il tua en duel, par sa participation à la guerre des Bhārata aux côtés de ses cousins les Pāṇḍava.
Enfin, une querelle au sein du clan des Yādava déclencha une lutte furieuse où tous périrent, même Balārama. Comme le remarque Barth, « c'est en souriant que [Kṛṣṇa] préside à toutes ces destructions, qu'il voit approcher la fin de son peuple et qu'il la prépare ». Mais, alors qu'il se retirait dans la forêt, un très vieux chasseur, Jaras, croyant atteindre une antilope, le blessa d'une flèche au talon, son seul point vulnérable. C'est ainsi que s'achève son destin sur la Terre.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 4 pages…



