Avant de devenir architecte, Melnikov fut peintre. Il entre au Collège de peinture, sculpture et architecture de Moscou (le futur Vkhoutemas), où il rencontre des artistes de l'avant-garde : A. Vesnine, N. Gontcharova, V. Tatline. En 1914, il passe au département d'architecture. Architecte, Melnikov adhérera au groupe Asnova (Association des nouveaux architectes) ; il dessinera soixante-quinze projets environ, dont les trois quarts ne seront pas réalisés. Son premier bâtiment est construit en 1923, le dernier en 1929. Après quoi, victime des critiques violentes des néo-réalistes triomphants, représentés en architecture par le groupe de la Vopra (Union des architectes prolétariens), Melnikov se verra peu à peu interdire toute possibilité de réalisation. Dans les années trente, on l'accusera de « formalisme » ; en 1934, on lui interdit d'exposer à la triennale de Milan et, en 1936, il est exclu du Congrès des architectes. À partir de ce moment, le nom de Melnikov est rayé de l'histoire de l'architecture et ses projets ne sont même plus édités. C'est donc essentiellement de 1923 à 1929 que se situe son activité. Chacun de ses projets, chacune de ses œuvres rendent compte de son extraordinaire sens de l'insertion de la forme dans l'espace. Melnikov cherche toujours à provoquer un choc émotionnel. Il ne partage pas la théorie selon laquelle la forme suit la fonction. La tâche de l'architecte est de rechercher le meilleur agencement de la fonction dans un espace donné. « J'aime une esthétique naturelle créée par les hommes », dira-t-il, et son critère suprême est la concordance de l'édifice et des règles de la nature. À cela s'ajoute une volonté de créer une architecture dynamique, aux espaces transformables. Plusieurs projets témoignent de ces options : en 1923, le pavillon Makhorka (tabac populaire) pour l'Exposition agricole et artisanale de Moscou ; en 1925, le pavillon de l'U.R.S.S. pour l'exposition des Arts décoratifs à Paris ; de 1926 à 1928, la construction de six clubs ouvriers (club Roussakov) ; en 1927, sa propre maison à Moscou.
Anatole KOPP
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