3. Signification politique
Le but essentiel du Kojiki avait été l'affirmation de la légitimité de droit divin des dynastes du Yamato. Un second objectif, non moins important, était de définir les liens qui unissaient les clans à la dynastie : il fut atteint en intégrant leurs ancêtres mythiques ou historiques dans les généalogies, à titre de cadets ou de serviteurs de la lignée impériale.
Le Kojiki ne comporte aucune référence au bouddhisme, qui pourtant était devenu la religion de la cour, et les relations avec le continent sont à peine évoquées, mis à part l'expédition en Corée de l'impératrice Jingō, grossie du reste aux dimensions d'une épopée. Le bouddhisme, tout autant que certaines théories politiques chinoises, était en effet difficilement compatible avec l'idée d'une souveraineté de droit divin : il menaçait les dieux autochtones dans leur existence même. C'est ce que virent fort bien ceux qui, au xixe siècle, voulurent proscrire le bouddhisme au nom d'un shintō d'État dont le Kojiki serait la Bible.
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