2. Le contenu du « Kojiki »
En trois livres, le Kojiki retrace, depuis les origines de l'Univers, les faits et gestes des ancêtres de la maison régnante, divins et humains, des dieux primordiaux jusqu'à l'impératrice Suiko (règne 593-628).
Livre I. Dans la plaine du Haut-Ciel naissent spontanément les trois divinités primordiales. Dans l'Océan se forme la Terre, qui « flotte sur les eaux comme une méduse ». Deux nouvelles divinités apparaissent, qui engendrent, à la septième génération, le couple démiurge Izanagi-Izanami. Ceux-ci créent les îles, les monts, les fleuves et mettent au monde une foule de dieux. Izanami, brûlée par le dieu du Feu, descend au « pays des Ténèbres ». Des yeux d'Izanagi naissent enfin le Soleil et la Lune, et, de son nez, Susano-o le violent, le dieu des typhons.
Un conflit éclate entre la souveraine solaire Amaterasu et Susano-o. Ce dernier, chassé du Ciel, aborde dans la province d'Izumo. Là se place un cycle légendaire relatif à cette province, souvenir probable d'une longue autonomie.
Amaterasu confie l'empire des îles à son fils qui se heurte à la résistance des « dieux de la Terre », et ce n'est que l'« auguste petit-fils », Ninigi, qui pourra recueillir enfin l'héritage. Deux générations divines se succéderont encore avant l'avènement du premier empereur « humain », Jimmu-tennō.
Livres II et III. D'un caractère tout autre sont ces deux livres, dont la trame est constituée par la généalogie des souverains, parfois donnée sans commentaires, parfois enrichie d'épisodes divers qu'il serait hasardeux, à l'exception peut-être de certains récits de complots ou de querelles dynastiques, de considérer comme historiques. Récits d'amour, légendes poétiques, anecdotes édifiantes s'y entrelacent, où revit un Japon d'avant l'histoire, qui reste encore fruste, mais qui déjà annonce la recherche esthétique et le sens de l'harmonie entre l'homme et la nature qui s'épanouiront dans le Man yō shū.
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