4. Le potier
Grand adepte du chanoyu, Kōetsu semble avoir profité de sa retraite à Takagamine pour s'adonner à la poterie et créer ses propres bols à thé (chawan). S'inspirant des Raku (poteries cuites à basse température), œuvres de Chōjirō et de son fils que patronna Sen no Rikyū, Kōetsu créa un art très personnel. Il a laissé de nombreux chawan, objets aujourd'hui encore de la vénération des amateurs. Il montait ses bols à la main, portant un soin tout particulier à la « sculpture » (selon l'expression de M. Hayashiya Seizō) des kōdai ou pieds qui devaient assurer la stabilité du récipient dans la main du chajin (maître du thé) et de ses invités. Les formes simples sont agrémentées de glaçures à base de plomb aux tons mats et comme feutrés, dont la superposition savante produit des effets inattendus. Une correspondance de Kōetsu révèle qu'il demandait des ingrédients et des conseils à un membre de l'atelier des Raku et qu'il lui confia parfois le soin de veiller à la cuisson de ses bols, mais ses créations sont originales et personnelles ; il leur donna des noms poétiques, tels Sommet nuageux, Nuage de pluie ou Moment pluvieux.
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