Les œuvres complètes de Kōda Rohan ont été réunies en une suite de quarante et un volumes. Cet ensemble n'a guère d'équivalent dans la littérature japonaise moderne. Il en constitue l'un des centres de gravité. Comment comprendre l'inextricable complexité et la richesse de ce langage qui plonge ses racines dans le passé ? Il reflète la passion, le bouillonnement d'idées, la soif encyclopédique de connaissances qui caractérisent le début de Meiji. Le père de Kōda Rohan avait assumé une fonction religieuse auprès du shōgun ; ses frères se tournent vers l'industrie, la marine, l'université ; deux sœurs connaîtront la célébrité comme virtuoses du piano et du violon. Lui-même apprend les techniques de télécommunications et part dans la solitude du Hokkaidō. Son père lui avait fait lire la Bible ; il découvre les classiques chinois et bouddhiques, des auteurs d'Edo, des ouvrages contemporains. Des voies innombrables s'ouvraient devant lui.
Ses premiers récits : Bouddha de beauté(Fūryū Butsu, 1889) ; La Pagode à cinq étages, (Gojū no tō, 1891-1892) sont brefs, emportés par un mouvement impétueux. Ils entraînent l'imagination dans le d […]
