En France, le nom du réalisateur japonais Kobayashi Masaki est essentiellement lié à deux films, qui connurent à leur sortie un certain succès et qui sont devenus des classiques : Harakiri (1963) et Kwaidan (1964), tous deux présents au festival de Cannes, où chacun obtint un prix spécial du jury. Pourtant, son œuvre principale demeure le monumental triptyque de La Condition de l'homme (1959-1961), où il évoque sa propre expérience de la guerre, liée à celle de l'écrivain Gomikawa Jumpei, dont le livre a inspiré le film, qui fut tardivement distribué en France.
Né en 1916 à Otaru (île de Hokkaidō), Kobayashi Masaki étudie l'art et la philosophie à la célèbre université Waseda (Tōkyō), avant d'entrer en 1941 à la société Shōchiku, où il devient assistant metteur en scène aux studios d'Ofuna. Appelé sous les armes en 1942, il passe deux ans en Mandchourie, où il sera fait prisonnier par les Américains en 1945. De retour au Japon en 1946, il rentre à la Cie Shōchiku, où il est notamment assistant du metteur en scène Kinoshita Keisuke, avec qui il collaborera pour certains scénarios. Mais ce n'est qu'en 1952 que la Tōhō Shōchiku lui permet […]
