4. Lutte contre la révolution sociale
L'œuvre de Metternich fut donc essentiellement orientée vers la politique extérieure, tandis qu'il maintenait à l'intérieur de l'Autriche le système existant, car il le jugeait satisfaisant ; d'ailleurs, l'administration des différents pays ne l'intéressait guère. Un diplomate français notait en 1817 : « Ce pays-ci se soutient par sa propre masse, mais le gouvernement n'a aucune action et on ne le retrouve nulle part [...]. Il n'y a ici ni volonté ni autorité, chacun fait à peu près ce qu'il veut et ce sont les sous-ordres qui sont les maîtres. Le prince de Metternich n'exerce aucune influence sur ce qui n'est pas de son ressort. »
Si le gouvernement de Vienne respectait les constitutions traditionnelles, c'est aussi parce qu'elles laissaient le pouvoir à la noblesse et que Metternich était convaincu de la nécessité des corps intermédiaires. C'est pourquoi les diètes étaient régulièrement convoquées, quitte à ce que le pouvoir central y pratiquât l'obstruction systématique lorsqu'elles réclamaient, comme la diète hongroise après 1832, des réformes profondes. Metternich voyait, en outre, dans le système confédéral la meilleure garantie contre les revendications de certaines nationalités, dans la mesure où l'on pouvait jouer les Tchèques contre les Hongrois, les Allemands contre les Italiens, en vertu du vieux principe divide et impera, qui inspirait depuis plus d'un siècle la politique des nationalités de la Maison d'Autriche
Metternich n'a donc pas cherché à unifier ou à germaniser l'Empire d'Autriche. Il a laissé le pouvoir aux notables qui l'exerçaient depuis toujours et, accessoirement, à la bureaucratie qu'avait développée Joseph II. Et dans sa profonde indifférence, teintée de mépris pour les peuples qu'il dirigeait, il a écrit des lignes féroces tant sur les Viennois que sur les Tchèques ou les Hongrois, n'ayant pas su voir la montée des forces nouvelles dont l'explosion ébranla l'Autriche en 1848 : libéralisme bourgeois et revendicat […]
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