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KISHI NOBUSUKE (1896-1987)

Bureaucrate, ministre de l'Économie de guerre, criminel de guerre acquitté par le tribunal militaire de Tōkyō, Premier ministre du Japon, de février 1957 à juillet 1960.

Kishi Nobusuke a attaché son nom à trois événements historiques : la signature de la déclaration de guerre aux États-Unis en 1941, en compagnie du Premier ministre Tōjō ; la fusion des partis conservateurs qui conduisit à la formation du Parti libéral-démocrate en 1955 ; la révision des accords de sécurité mutuelle avec les États-Unis, en 1960, traité d'alliance qui a déterminé la politique extérieure japonaise pour longtemps. Il a voulu relever le Japon et restaurer sa puissance.

Né le 13 novembre 1896 dans la préfecture de Yamaguchi, il est le frère aîné de Satō Eisaku (Premier ministre de 1964 à 1972) mais il a été adopté par un oncle Kishi. Il fait ses études à l'Université impériale de Tōkyō, dont il est diplômé en 1920, puis débute au ministère de l'Agriculture et du Commerce. Il fait partie des nouveaux technocrates (shinkanryō) convertis à la planification et disposés à collaborer avec les militaires, et se trouve détaché auprès du gouvernement du Mandchoukouo de 1936 à l939. Il devient ensuite vice-ministre du Commerce et de l'Industrie, pour le passage à l'économie de guerre, en 1939-1940, puis ministre dans le gouvernement de Tōjō Hideki, à partir de 1941. Responsable de l'industrie des munitions en 1944, il prend un risque personnel en étant des premiers à préconiser la démission du cabinet.

Après guerre, il est traduit devant le tribunal militaire comme criminel de guerre. Son acquittement est peut-être facilité par la tension américano-soviétique. Il s'engage bientôt dans la coopération politique avec les Américains et reprend place parmi les dirigeants des partis conservateurs (élu député en 1953). La disparition rapide d'Ogata Taketora et de Miki Takeyoshi, la retraite d'Hatoyama Ichirō et la maladie de son rival Ishibashi Tanzan lui donnent accès au pouvoir. Il ne le conserve que peu de temps. Lors des débats pour le renouvellement des accords de sécurité, il se trouve exposé à des manifestations massives des syndicats et des étudiants et doit annuler la visite officielle du président Eisenhower au Japon. La ratification du traité est entachée par des scènes déplorables et le cabinet se retire deux mois plus tard.

Kishi ne sera plus Premier ministre ; cependant, constamment réélu par la deuxième circonscription de Yamaguchi, il reste dans l'orbite du pouvoir. Il prodigue ses conseils non seulement aux Premiers ministres mais également aux industriels. Il est direct ; ainsi, à Tanaka Kakuei, accusé de forfaiture pour le scandale Lockheed, il recommande de se laisser juger. Il paraît avoir été influent jusqu'à sa mort survenue le 7 août 1987 dans un hôpital de Tōkyō.

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Écrit par :  Paul AKAMATSUVadime ELISSEEFFValérie NIQUET

Dans le chapitre "Croissance et frustrations (1955-1980)"  : …  des livres scolaires consacrés à la guerre n'ont pas de succès. De 1957 à 1960, le Premier ministre *Kishi Nobosuke symbolise cette volonté de reprendre en main la société et de reconsidérer les réformes les plus radicales mises en place de 1945 à 1948 par les autorités d'occupation. Condamné comme criminel de guerre en tant que vice-ministre des… Lire la suite

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