Le chanteur et guitariste B. B. King est sans conteste un des principaux bluesmen de l'après-guerre par sa popularité, qui ne s'est jamais démentie en un demi-siècle de carrière, par son œuvre prolifique et, surtout, par l'influence considérable qu'il a exercée dans les domaines du chant et de la guitare sur ses innombrables épigones, émules et successeurs.
Après une enfance passée à ramasser du coton dans une plantation, le jeune Riley Ben King, né le 16 septembre 1925 à Indianola (Mississippi), est pris en charge par son cousin Bukka White, l'un des grands bluesmen du Delta, qui lui apprend les rudiments de la guitare. King s'installe à Memphis en 1948 et commence à développer un jeu de guitare très influencé par ceux, swinguant et jazzy, de Lonnie Johnson, Django Reinhardt, T-Bone Walker ou Charlie Christian. Il trouve un emploi de disc-jockey sur l'une des principales stations de radio de Memphis, WDIA. Riley, qui devient « Blues Boy » (B. B.) King, présente tous les soirs les nouveaux disques de blues aux auditeurs noirs. Cette position lui permet aussi de faire la promotion de sa musique, de ses disques et de ses concerts, et de s'affirmer très rapidement comme un des bluesmen importants de la ville. Fort de cette réputation, il signe un contrat avec le label californien Modern Records des frères Bihari (Jules, Joe, Lester et Saul), un des principaux labels indépendants de l'après-guerre, pour lequel il enregistrera durant les douze années suivantes une œuvre d'une richesse et d'une réussite incomparables. En 1950, le succès considérable de Three O'Clock Blues établit sa notoriété au niveau national. À partir de 1952, B. B. King s'installe à Los Angeles et entreprend des tournées à travers tous les États-Unis à la tête d'une grande formation de treize musiciens inspirée des orchestres de swing. Il engrange succès sur succès (Sweet Sixteen, Rock Me Baby, Everyday I Have the Blues, Sweet Little Angel, Ten Long Years, I've Got a Right to Love My Baby...) et demeure constamment présent dans les hit-parad […]
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