Lorsque son père Sulayman ibn Qoutloumouch, fondateur de l'État turc-seldjoukide d'Asie Mineure (ou de Roum), est vaincu et tué au cours de sa campagne en Syrie du Nord (1086), Kilidj-Arslan, alors tout jeune, est emmené en Iran où il vécut jusqu'à la mort du sultan Grand Seldjoukide Malik Chah (1092), cependant que l'État créé par Sulayman se disloquait. Libéré, Kilidj-Arslan rentre alors en Asie Mineure et réoccupe Nicée ; il prend le titre de sultan, mais son pouvoir est limité car en Asie Mineure d'autres tribus turcomanes, les Saltoukides, les Mengudjékides et surtout les Danichmendides (ceux-ci établis en Asie Mineure centre-orientale), ont acquis de solides positions ; en outre, certains petits dynastes arméniens ont repris leur indépendance. Après avoir guerroyé à l'ouest contre l'émir de Smyrne Tchaka (Tzakhas), Kilidj-Arslan attaque à l'est et entreprend de conquérir la ville de Mélitène (Malatya) tombée aux mains de l'Arménien Gabriel.
Tandis qu'il est occupé à assiéger cette ville, les premiers croisés arrivent en Asie Mineure et s'emparent de Nicée, remise aux Byzantins (juin 1097) ; vaincu à Dorylée (Eskichéhir) un mois plus tard, Kilidj-Arslan doit se replie […]
