2. Éducation et classes d'âge
L'organisation des Kikuyu exigeait une cohésion sociale forte. Elle était obtenue par le système des classes d'âge qui dispensait une éducation fondée sur le désir individuel de participation au groupe. L'homme idéal était honnête, sobre, poli, respectueux des usages, qualités facilitant la vie sociale.
L'initiation solennelle dans une classe d'âge marquait la fin de l'enfance. Événement social, accompagné de danses et de chants, les épreuves initiatiques étaient subies en même temps par un groupe de garçons et de filles. Ceux qui étaient initiés ensemble appartenaient, jusqu'à la mort, à la même classe d'âge. Les épreuves étaient précédées d'une longue instruction portant sur les responsabilités de chacun envers la communauté kikuyu et non pas seulement envers le lignage. Au cours des cérémonies, l'initié devait faire serment d'assumer toutes ses responsabilités en vue de la protection et du bien-être de la tribu. L'opération douloureuse de la circoncision ou de la clitoridectomie n'était que le signe extérieur de cet engagement moral. Nul n'avait le droit de se marier, ni d'avoir des relations sexuelles, s'il ne l'avait subie.
La virginité des filles était requise jusqu'au mariage. Elles pouvaient toutefois dormir avec des garçons de leur classe d'âge sans avoir des rapports complets. Ceux qui violaient cette loi étaient ostracisés par le groupe.
Après l'initiation, les rôles sociaux qu'un homme joue successivement dans sa vie (guerrier, homme marié, père de famille, père d'un enfant circoncis) étaient marqués par des cérémonies. À chacune d'elles correspondait un enseignement dispensé par les aînés, portant sur les lois de la tribu. Les meilleurs étaient choisis comme juges ou comme membres des conseils claniques et territoriaux.
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