
Situé dans l’est de l’Iran, le Khorasan (ou Khurasan) était la plus grande province du pays jusqu’en septembre 2004, où il a été divisé en trois nouvelles provinces lors d’un redécoupage territorial : le Khorasan e-Shomali (du Nord, 28 434 km2 et 811 572 hab. au recensement de 2006) dont la capitale est Bojnurd, le Khorazan e-Jonubi (du Sud, 69 555 km2 et 636 420 hab.) avec Birjand pour capitale et le Khorasan e-Razavi (144 681 km2 et 5 593 000 hab.), dont la capitale, Mechhed (ou Mashhad), est la deuxième ville d’Iran (2 427 300 hab. en 2006). Les limites du Khorasan ont naguère débordé largement le cadre des trois actuelles provinces iraniennes, puisqu’il alla jusqu'à englober la Transoxiane (russe actuellement), le Hārat (afghān) et le Sīstān (irano-afghān) ; pour les géographes arabes, le Khorāsān (littéralement « pays du Soleil levant ») s'étendait pratiquement jusqu'à l'Inde. Le cœur en est constitué par la grande vallée du Khorāsān, ou vallée de Mechhed, fossé d'effondrement allongé du sud-est au nord-ouest où coulent en sens inverse le haut Atrak (vers la Caspienne) et le Kashaf Rūd (vers le Tedjen au sud-est).
Ce lieu de passage de toutes les grandes invasions centre-asiatiques, caractérisé par ses hautes plaines steppiques insérées entre des chaînons montagneux orientés du nord-ouest au sud-est (prolongements de l'Elbourz et des chaînes caucasiques), dont l'altitude dépasse parfois 3 000 mètres, a été sujet à des séismes souvent violents. Bien irriguées, les hautes plaines du Nord et du Nord-Est permettent la culture intensive des céréales (et maintenant de la betterave à sucre). Les massifs arrosés sont propres à l'élevage et les vallées abritées aux cultures fruitières très diversifiées ; comme ailleurs en Irān, les villages et les cultures s'étalent le long des piémonts. Malgré un début de mise en valeur, la région reste assez peu peuplée, et ses ressources naturelles (notamment minières) sont peu exploitées. Au sud et au sud-est, la proximité de la grande dépression saline centrale (le Kawīr) rend la mise en valeur plus difficile.
L'occupation ancienne est attestée par l'archéologie. Cette région joue un rôle important dans l'Irān ancien, surtout sous les sṢasānides qui y fondent Nishapūr et d'autres cités. Mais c'est à l'époque islamique qu'elle connaît le plus grand rayonnement avec ses centres de culture brillants, ruinés tour à tour par les invasions, les factions ou les éléments naturels (Balkh, Nishapūr, Marv, Tūs, Sabzawār, Hārat, etc.). Elle est aussi la première région d'Irān à retrouver son autonomie au ixe siècle. Malgré les ruines causées par les invasions centre-asiatiques, la civilisation islamique continue à briller à Hārat sous les derniers Ṭimūrides (xve s.), et la ville sainte shī‘ite de Mechhed est la capitale de Nādir shāh au xviiie siècle.
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