2. Le décor sculpté
L'ornementation règne partout, sur la modénature des soubassements, les encadrements des portes, les piliers, les balcons et surtout sur les plafonds. Ces derniers sont entièrement sculptés, soit en carrés concentriques (comme au maṇḍapa du Ghaṇṭai), soit en cercles comme au Dulādeo, où des consoles sculptées en forme de grands personnages debout imitent des coupoles rayonnantes.
Les hauts-reliefs parant les murs extérieurs font la renommée du style de Khajurāho. Divisés en bandes horizontales superposées, rythmés par des redans et séparés par des entablements et des doucines, ces reliefs représentent des couples, des groupes, ou encore des personnages isolés. Tous appartiennent à l'esthétique propre à ce style : silhouette allongée et souvent contournée, stylisation particulière du visage à l'ovale arrondi, aux yeux allongés et à demi fermés, aux sourcils en relief, au nez parfois pointu mais généralement droit et légèrement épaté, à la bouche sérieuse sinon un peu boudeuse. Les attitudes féminines surtout sont empreintes d'un certain maniérisme. Sur ces parois, l'on trouve également des sujets érotiques, héritiers des « couples amoureux » (mithuna) bien connus dès les époques anciennes de l'art indien.
Quelques rondes-bosses ont été trouvées dans le site, tels ces groupes où un lion mythique à demi dressé domine une femme accroupie devant lui dans une attitude défensive (Mahādeva et Lakṣmaṇa). Les cambrures contrariées des corps de l'animal et de la femme sont d'une grande beauté et se retrouvent dans un combat au corps à corps où s'affrontent deux guerriers respectivement armés d'une massue et d'une épée.
Il faut mentionner aussi un taureau Nandin, monture sacrée (vāhana) de Śiva, abrité dans une des quatre chapelles élevées aux angles de la plate-forme du temple de Viśvanātha, ainsi qu'un colossal sanglier, forme du dieu Viṣṇu dans son incarnation (avatāra) de Vāraha. Abrité dans un petit temple du groupe occidental, son corps est entièrement recouvert de six cent soixante-quatorze p […]
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