2. L'équilibre général walrasien
Kenneth Arrow s'intéresse ensuite à l'équilibre général des économistes néo-classiques. Au cours de ses études, il a étudié la théorie néo-classique dans les écrits d'Alfred Marshall. En effet, jusqu'aux années 1940, Léon Walras reste peu connu des Anglo-Saxons. C'est John Hicks qui l'introduit en Angleterre et aux États-Unis par le truchement de son livre Value and Capital, qui paraît en 1939. Arrow tombe par hasard sur cet ouvrage et y découvre son nouveau sujet de réflexion : existe-t-il bel et bien un équilibre économique général et non pas seulement, comme le pensait Marshall, une série d'équilibres sur des marchés particuliers ? Arrow aura le plaisir en 1972 de partager le prix Nobel d'économie, justement avec Hicks, et il rappellera à cette occasion avec émotion le rôle déterminant de son co-impétrant dans l'évolution de ses recherches. En 1954, associé au Franco-Américain Gérard Debreu, moyennant diverses hypothèses, dont celle fondamentale de rationalité des agents (à savoir qu'ils choisissent, parmi toutes les possibilités qui leur sont offertes, celle qui maximise leur bien-être), Arrow démontre l'existence d'un équilibre général que la concurrence permet d'atteindre (c'est le théorème Arrow-Debreu). Cette démonstration donne aux travaux de Walras une assise rigoureuse et fait du modèle walrasien le modèle de référence de l'économie de marché.
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