Kenneth Joseph Arrow est né le 23 août 1921 à New York. Après des études au City College de New York, il rejoint l'université Columbia, où il étudie les mathématiques et les sciences sociales. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il rejoint l'armée de l'air et est affecté au service météorologique. De retour à la vie civile, il passe un Ph. D. d'économie (l'équivalent du doctorat) puis entame une carrière de professeur et de chercheur. Il enseigne à Stanford de 1949 à 1968, à Harvard de 1968 à 1979, puis de nouveau à Stanford jusqu'à sa retraite en 1991.
Sa double formation en mathématiques et en sciences sociales le conduit à s'intéresser à de multiples aspects de l'économie qui vont des éléments les plus formalisés à des considérations plus sociologiques.
1. Le théorème d'impossibilité
Ses premiers travaux portent sur les domaines qui ont nourri sa thèse de doctorat. Il s'intéresse à la formation des choix collectifs et à la manière dont une société démocratique prend ses décisions. Il énonce en 1951 le « théorème d'impossibilité » qui le rend célèbre. Il part de ce que les économistes connaissent sous le nom de « paradoxe de Condorcet ». Appelé au début de la Révolution à donner son avis sur le meilleur système électoral possible, l'illustre philosophe et mathématicien français avait avancé l'idée que les choix collectifs ne sont pas transitifs. Concrètement, une assemblée peut dans un vote préférer A à B, B à C et – c'est là le paradoxe – C à A. L'élection présidentielle de 2002 en France est souvent donnée comme l'exemple typique d'un paradoxe de Condorcet : à en croire les analystes politiques, Jacques Chirac a été préféré à Jean-Marie Le Pen qui a été préféré à Lionel Jospin qui aurait probablement dans un second tour été préféré à Jacques Chirac... Arrow étudie donc ces situations de formation des votes et cherche à formaliser les idées de Condorcet. Il parvient à la conclusion qu'un système démocratique peut conduire selon les modes d'expression choisis à des résultats très diffé […]
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