Né le 8 juin 1936 à Waltham (Massachusetts), Kenneth G. Geddes Wilson est le fils d'un professeur de chimie théorique de l'université Harvard. Il soutint sa thèse de doctorat en 1961 au Caltech de Pasadena sous la direction de Murray Gell-Mann (Prix Nobel 1969 pour ses contributions à la théorie des particules élémentaires), puis, après un court séjour à Harvard, rejoignit le département de physique de l'université Cornell, dans l'État de New York.
Chercheur atypique, auteur de rares publications couvrant des domaines très variés, Wilson clarifia de façon définitive la relation entre la théorie quantique des champs utilisée pour comprendre les interactions entre les particules élémentaires et la théorie des phénomènes critiques développée à partir de la mécanique statistique. Il put ainsi établir pourquoi des comportements d'invariance d'échelle et d'universalité avaient été empiriquement observés dans diverses situations physiques. L'approche, dite du « groupe de renormalisation », qu'il développa rendit cohérente l'analyse des expériences de physique des particules dans lesquelles des quarks sont expulsés des protons. La discrétisation de l'espace-temps physique en un réseau fini et les simulations sur ordinateur de la chromodynamique quantique qui s'ensuivirent éclairèrent l'étonnante propriété du confinement des quarks. Le prix Nobel de physique lui fut décerné en 1982 pour ses contributions à la compréhension des transitions de phase, ces variations brutales de comportement de la matière résultant de certains changements de son environnement.
Inventeur d'un nouveau style de programmation informatique (appelé Gibbs), Kenneth Wilson devint en 1985 directeur du centre de théorie et simulation de Cornell, l'un des cinq laboratoires américains dotés de superordinateurs. Nommé professeur à l'université de l'État de l'Ohio en 1988, il s'engagea dans une expérimentation approfondie visant à une ambitieuse réforme de l'enseignement.
Bernard PIRE
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