Les graffitistes new-yorkais ont été privés en moins de deux ans de leurs chefs de file : Jean Michel Basquiat en 1988 à la suite d'une overdose, et Keith Haring, mort du sida le 16 février 1990.
La carrière de Keith Haring a été fulgurante aux États-Unis et en Europe et les grandes galeries ont exposé ses peintures et sculptures-totems. En quelques années, il a imposé son graphisme et son message : en digne émule et ami d'Andy Warhol, il peint le corps de Grace Jones et le Mur de Berlin, dessine des badges et des t-shirts pour lutter contre l'apartheid et le sida et les vend dans sa pop shop de New York. Basquiat, Noir né à Brooklyn de père haïtien et de mère portoricaine, symbolisait sans équivoque le mouvement graffitiste qui envahit les rues et le métro new-yorkais des années 1970 et 1980, y exprimant la révolte constitutive d'une identité et d'une culture multi-ethniques de la pauvreté urbaine au sein d'une société de consommation et de médiatisation exacerbées ; Haring, parce qu'il était blanc, présente dans ce contexte une image ambiguë.
Né à Kutztown, Pennsylvanie, en 1958, il avoue avoir peint dès son plus jeune âge et reconnaît sa dette envers Basquiat ; il […]
