2. Les « sensations nouvelles »
C'est ainsi que sa véritable carrière littéraire commence en 1921, date à laquelle il crée, avec quatre de ses camarades de l'université impériale de Tōkyō, une revue littéraire, Shinshichō (Pensée nouvelle). Il prend aussi une part active à la fondation de deux autres revues qui firent époque : Bungei-shunjū (Annales littéraires) et Bungei-jidai (L'Époque de la littérature). Dès la fin de ses études universitaires en 1924, il est considéré comme l'un des plus brillants espoirs de la jeune école connue sous le nom de « shinkankaku-ha » (« école des sensations nouvelles ») dans l'histoire de la littérature japonaise moderne.
Kawabata déborde alors d'activités, bouillonne d'idées, toujours à l'affût du nouveau. Il inaugure, entre autres, une forme inédite d'expression littéraire qu'il se plaît à appeler « romans miniatures » (tenohira no shosetsu, littéralement « romans qui tiennent dans le creux de la main »). En quelques dizaines de lignes parfois, il procède à de véritables expériences sur l'expressivité du japonais, langue riche en images et en nuances avec une force évocatrice inégalée.
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