De ses jeunes années, vécues en Nouvelle-Zélande auprès d'une mère peu attentive fatiguée par de nombreuses maternités et d'un père « bourgeois » et distant, Katherine Mansfield garde à la fois la nostalgie et une certaine rancœur contre ce qui lui semble représenter l'étroitesse d'esprit et le provincialisme d'une lointaine cité coloniale. Envoyée à treize ans faire ses études à Queen's College à Londres, elle retourne en 1906 à Wellington où elle mène la vie mondaine des jeunes filles à marier, s'ennuie et écrit des poésies enfantines. Deux ans plus tard, elle obtient de ses parents la permission de retourner vivre dans la capitale, moyennant une modeste pension. D'emblée, Londres lui apparaît comme le centre actif de toute vie culturelle, et son admiration passionnée pour Oscar Wilde et pour les « décadents » anglais l'initie à cette liberté intellectuelle qui lui sera si chère. Après des débuts comme violoncelliste, de la musique son intérêt se déplace vers la littérature à laquelle elle décide de se consacrer définitivement. Dès son arrivée dans la capitale, elle écrit une excellente nouvelle : La Lassitude de Rosabel. En 1909, après un mariage éclair avec le pianiste George Bowden (elle reprend sa liberté au bout de vingt-quatre heures de vie commune), elle séjourne à Wörishofen (Bavière) où elle écrit une série de courtes nouvelles satiriques inspirées des incidents de son séjour et qui seront publiées en 1911 sous le titre Pension de famille allemande (In a German Pension). De retour en Angleterre, elle lit et pastiche Tchekhov, collabore à des revues, The New Age, Rhythm ; cette dernière fut fondée par John Middleton Murry qui deviendra son compagnon puis, après son divorce, son mari en 1918. À cette même revue collaborent Derain, Picasso, Francis Carco avec qui elle aura une aventure lors d'un séjour à Paris en 1913. La Première Guerre mondiale provoque chez elle un ébranlement spirituel et l'amène à se tourner petit à petit vers son enfance comme vers une porte de salut. Après la mort […]
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