6. Retour à la figure
Des nouvelles alarmantes parvinrent à Malévitch lors de son séjour en Allemagne, en 1927. Rentré précipitamment en Russie, il est directement victime du durcissement de la politique culturelle. L'institut de culture artistique de Leningrad, où il enseignait, est dissous, et s'il parvient à trouver d'autres soutiens institutionnels et peut encore exposer, sa situation se dégrade de jour en jour. En 1930, il est arrêté pendant plusieurs semaines (nombre de ses écrits sont alors détruits par ses proches). Il est encore trop tôt pour dire si l'œuvre tardive de Malévitch (retour à la peinture figurative, néo-classicisme en architecture) est le résultat direct de ces conditions effroyables (il fut très violemment pris à parti pour son « formalisme » par la presse stalinienne en 1933). Quoi qu'il en soit, jusqu'à sa mort, en 1935, Malévitch se contenta d'imiter dans sa peinture les différents styles qu'il avait adoptés avant le suprématisme, avec une prédilection pour le « tubisme » à la Léger ou pour un primitivisme teinté de nationalisme (qu'il renvoie au folklore russe ou à l'art des icônes). Quoi qu'en disent les admirateurs de sa dernière période (elle leur fournit des munitions pour combattre l'abstraction), c'est avec le Carré noir que Malévitch ouvrit un nouveau chapitre de l'histoire de l'art, et celui-ci n'est peut-être pas encore clos, même s'il l'a lui-même cru, ou s'il a dû feindre de le croire.
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