5. L'architecture
Là encore, il faut remonter à l'exposition 0,10 : on peut voir sur un des tableaux exposés un volume axonométrique, et c'est cette utilisation précoce d'un tel mode de représentation des volumes qu'invoquera plus tard Malévitch pour témoigner de son intérêt initial pour l'architecture. La question qu'il se pose, dès ses premiers Planites et Architectones (dont un certain nombre ont été donnés – en pièces détachées – au Musée national d'art moderne), reprend l'interrogation qu'il portait sur la peinture : quel est le degré zéro de l'architecture ? Elle n'est pas à chercher du côté de l'utilité, de la fonction, de la solidité (« l'architecture commence là où il n'y a plus de but pratique. L'architecture en tant que telle »), mais de la mise en forme de l'espace au moyen d'oppositions fondamentales (verticale/horizontale ; plein/vide). Ces maquettes ne furent aucunement conçues en vue d'une quelconque construction mais comme modèles théoriques. Comme les maquettes élaborées au même moment par Van Doesburg et Van Eesteren pour l'exposition De Stijl à Paris, elles entendaient démontrer la possibilité d'une architecture « abstraite », libérée des liens avec la Terre (dont de la loi de la gravitation universelle) et de toute conception anatomique du bâtiment. Éléments porteurs et portés y ont même valeur (ils font partie d'un ensemble dont la fonction, en tant qu'élément de l'espace, est paradoxalement de déclarer l'infinité de cet espace).
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