Peintre allemand né le 22 février 1914 à Aachen. Artiste romantique, c'est par le truchement de l'automatisme, du geste spontané et de l'informel que Karl Otto Götz tente de retrouver les échos et les rythmes profonds des grands bouleversements du monde et de la nature humaine. Il s'initie pendant son service militaire à la technique du radar, ce qui ne sera pas sans influer fortement sur sa conception de l'espace. Douloureusement marqué par la guerre et par le nazisme, le sentiment qu'il a d'être un exilé dans son propre pays le pousse, après la défaite, à tenter de renouer avec les grands courants de l'art international. Il fonde alors la revue d'avant-garde Meta, et entre en relation avec le groupe de Prampolini en Italie, et les artistes du mouvement Cobra. Influencé, comme ces derniers, par le surréalisme ainsi que par l'œuvre de son compatriote Willi Baumeister, il aboutit à partir de 1954 à une peinture abstraite entièrement fondée sur l'automatisme gestuel. Depuis cette date, Götz poursuit dans cette voie. Dans un déluge de couleurs extrêmement violentes (parfois réduites aux seules oppositions du noir et du blanc), ponctuées de tonalités stridentes, Götz élabore les métamorphoses successives d'un univers de tourbillons et de tensions rythmiques d'un lyrisme véhément. Grandes formes semblables à des chutes d'eau, aux fulgurants tracés d'une comète fabuleuse ou aux dédales sans fin d'un labyrinthe imaginaire, la peinture de Götz « garde un timbre héroïque, écrit Giulio Carlo Argan (Préface au Catalogue de l'exposition à la Galleria Attico, Rome, 1966) ; elle propose une poétique nouvelle du sublime, et retrouve d'une façon imprévisible la fougue que lui inspire le Sturm und Drang, l'idéal romantique des sensations fortes ». De 1959 à 1979, Götz enseigne à l’Académie des beaux-arts de Düsseldorf, il compte parmi ses élèves Sigmar Polke et Gerhard Richter. D'importantes expositions lui sont consacrées régulièrement en Allemagne : en 1993, au Kunstverein de Ludwigshafen am Rhein et aux Städtische Kunstsammlungen de Chemnitz ; en 1994, à l'Albertinum de Dresde et au Märkisches Museum de Witten.
Maïten BOUISSET
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