Juriste de formation, avocat établi à Vienne, Karl Lueger s'impose dans la dernière décennie du xixe siècle comme le chef du Parti chrétien-social, devenu le grand parti catholique des Allemands d'Autriche après la déconfiture de Schönerer qui voulait le rattachement des provinces de langue allemande à la couronne prussienne. Il sait attirer à lui la petite bourgeoisie de la capitale, menacée par l'essor du capitalisme, en orchestrant l'antisémitisme latent des masses allemandes. Lui-même n'y croit pas, mais l'utilise par démagogie. Les cercles conservateurs de la cour et François-Joseph se méfient de lui, mais il gagne à sa cause le pape Léon XIII, qui s'intéresse aux questions sociales. Depuis 1892, Léopold Kunschak, ouvrier sellier, étend l'influence du Parti chrétien-social sur la classe ouvrière et le fait devenir un parti de masse. En 1896, il gagne les élections municipales à Vienne et Lueger est élu bourgmestre, mais à deux reprises François-Joseph refuse de confirmer l'élection. C'est seulement en avril 1897 que l'empereur le nommera bourgmestre ; il occupera le poste jusqu'à sa mort. Il fait de l'hôtel de ville une forteresse du Parti chrétien-socia […]
