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BRANTING KARL HJALMAR (1860-1925)

Karl Hjalmar Branting et Kurt Eisner, 1919

Premier leader de la social-démocratie suédoise, Branting est issu de la bourgeoisie stockholmoise ; étudiant, il rompt avec son milieu, se lance dans le journalisme et sera bientôt le chef de file de la presse socialiste. En 1889, il contribue à la fondation du Parti social-démocrate, réunissant des clubs de gauche, des syndicats et des groupes marxiste et anarchiste.

Ce faisant, Branting entend mettre les syndicats sous tutelle politique. Syndicalisme indépendant ou centralisme politique sont les conceptions qui se combattront jusqu'en 1917, année où l'exclusion du parti de la Jeunesse social-démocrate, imprégnée de gauchisme intellectuel, marque la victoire finale de Branting et du trade-unionisme, et consacre l'imbrication organique du syndical et du politique, par exemple par adhésion collective des syndiqués au parti. Branting veut aussi faire entrer la social-démocratie dans l'orbite parlementaire, contre l'avis des marxistes et des anarchistes. De congrès en congrès, il réussit à faire une majorité autour de lui, jouant les premiers contre les derniers. Ainsi, le chemin vers le réformisme ne passe-t-il pas par des choix politiques clairs, même pas émis par à-coups, mais par un glissement lent, par le jeu en coulisse des dirigeants.

Vers la fin du siècle, les conflits sociaux se durcissent, tandis que la tutelle du parti éloigne les ouvriers des syndicats ; des voix s'élèvent pour la formation d'une centrale ouvrière syndicale indépendante. Branting s'y oppose, mais, en 1898, L.O. (Landsorganisationen) est constituée par des fédérations autonomes et celles du parti, représentant 50 000 syndiqués. Karl Branting obtient cependant l'affiliation obligatoire des syndicats au parti et place son bras droit, intellectuel bourgeois, à la tête de L.O. Le pouvoir riposte en adoptant une série de lois répressives, tandis que le patronat applique le lock-out. La confrontation aboutit, en 1909, à une grève générale. 300 000 grévistes — la quasi-totalité de la classe ouvrière — para […]

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Écrit par :  Régis BOYERMichel CABOURETGeorges CHABOTJean-Claude MAITROTJean-Pierre MOUSSON-LESTANGLucien MUSSETClaude NORDMANNJean PARENT Universalis

Dans le chapitre "La Suède durant les guerres européennes (1914-1945)"  : …  de gauche constituée de libéraux et du Parti social-démocrate devenu, sous l'impulsion de *Branting, le premier parti de la seconde Chambre aux élections de septembre 1914. Cette entente tacite s'exprimait notamment dans la volonté commune aux partis suédois de conduire une politique « scandinave », par une concertation Stockholm-… Lire la suite

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