Karl Barth, dogmaticien protestant suisse, né et mort à Bâle, inaugure en 1919 la théologie contemporaine en redécouvrant la transcendance du Dieu tout autre par rapport à la culture, à la morale, à l'histoire et au sentiment. De 1932 à 1964, il écrit une monumentale dogmatique, ecclésiale, christologique et trinitaire. Il exerce à partir de 1933 un ministère prophétique face aux événements politiques, sociaux et internationaux. Sa culture, sa combativité, son humour font de ce dogmaticien l'une des personnalités les plus influentes du xxe siècle.
L'œuvre de Barth se développe comme un fleuve à partir d'un goulet d'étranglement. L'homme ne peut rien dire sur Dieu qui ne soit la projection de ses craintes ou de ses aspirations purement humaines, à moins que Dieu lui-même ne se révèle dans une Parole vivante : Jésus-Christ (attestée par la parole écrite de ses témoins, prophètes et apôtres, la Bible), telle que notre propre parole en devienne l'écho, attentif et libéré, cru et résolu. Si Dieu le créateur a ainsi parlé dans l'action de la réconciliation, désormais l'homme n'est jamais sans Dieu, puisque Dieu se manifeste comme n'étant jamais sans l'homme. La Parole de Dieu précède, car sans elle rien d'humain ne saurait s'élever jusqu'à Dieu. Mais tout l'humain, et le cosmos en son entier, correspond à cette Parole, qui est son approbation créatrice, son partenaire dans l'alliance éternelle et sa destination dernière. La théologie est ainsi une tâche à la fois solitaire et universelle. Elle est solitaire, car la théologie doit joyeusement consentir à n'être qu'une assurance de la foi en la Parole de Dieu. Elle est universelle, car la théologie peut affirmer, à cause du oui de Dieu au monde, ce à quoi la culture humaine ne peut jamais qu'aspirer de manière indéfiniment ambiguë.
Parlant de la musique de Mozart, qui fut la tonalité accompagnatrice de son œuvre entière, Karl Barth écrit : « Le centre de Mozart n'est pas l'équilibre, la neutralité et, pour finir, l'indiffére […]
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