D'origine tchécoslovaque, Reisz appartient à la génération des Lindsay Anderson et des Tony Richardson qui secouèrent un cinéma anglais quelque peu endormi. Il participa au mouvement dit du Free Cinema. Après We Are the Lambeth Boys (1958), documentaire remarqué pour son souci d'objectivité et d'attention aux jeunes interrogés, il sort en 1960 son premier long-métrage de fiction. Œuvre curieuse d'un vérisme amer et cruel, Samedi soir et dimanche matin (Saturday Night and Sunday Morning, 1960) est inspiré d'un roman populiste d'Alan Sillitoe ; ce récit d'un week-end dans un milieu ouvrier révélait une vigueur autant qu'un tempérament d'auteur. Morgan (1965), le chef-d'œuvre de Reisz à ce jour, confirme cette impression tout en élargissant l'éventail des possibilités de l'auteur. Dans ce cocktail particulièrement explosif où Marx et King Kong se mêlent à l'amour fou des surréalistes, il donne le pas à l'imagination sur le regard critique, à la fantaisie la plus farfelue sur l'analyse clinique. Après une biographie très conventionnelle d'Isadora Duncan (1968) — mais il est vrai que le film fut mutilé par ses distributeurs —, Reisz a une productio […]
