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KANNARA ou KANNADA LANGUE & LITTÉRATURE

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2.  L'âge épique

Trois poètes, Pampa, Ponna et Ranna, sont les « trois gemmes » de l'âge héroïque du vieux kannara, dominé par le jaïnisme. Pampa, poète de cour et officier du prince Cālukya, Arikēsari, écrit ses deux œuvres en 941. L'Ādi purāna célèbre en seize chants les neuf vies antérieures et l'ultime vie humaine de Purudēva, le premier tīrthankara (saint jaïna). S'y entremêlent la cosmogonie et le merveilleux jaïna, les leçons morales sur les devoirs d'état, l'apprentissage progressif de l'affranchissement total à l'égard du monde. Cet exposé est racheté par le talent de Pampa : riches descriptions des joies mondaines, amour, danses, musique, hauts faits guerriers ; valeur morale et spirituelle universelle grâce à la justesse psychologique ; sens très sûr de la composition et du drame dans chaque épisode ; et choix rare d'images concrètes. Son second poème, Vikramārjuna Vijaya, ou Pampa Bhārata, est une version dense et colorée du Mahābhārata, dont Arjuna est le héros principal, identifié à Arikēsari, son protecteur. Ponna laisse avec le Śanti Purāṇa une autre vie légendaire d'un beau mouvement, mais un peu froide.

Le coup d'essai de Ranna est l'Ajitapurāṇa, éloquent exposé de principes religieux jaïns, son chef-d'œuvre, le Gadāyuddha, le combat à la massue entre Bhīma et Duryodhana, au dernier jour de la guerre du Mahābhārata. Deux œuvres en prose appartiennent à cette époque. Cāvuṇḍarāya, ministre, patron de Ranna, compile en 978 la vie des soixante-trois grands hommes du calendrier jaïn, le Triṣaṣṭilakṣaṛa-mahāpurāṇa. Vers 1930, on exhuma le Vaḍḍārādhane, important exemple de la prose kannara ancienne, vivante et colorée, malgré les aspects dogmatiques et conventionnels du sujet traité (dix-neuf biographies des grandes âmes du jaïnisme).

Le xie siècle est marqué par une abondante littérature technique versifiée, sans grandes œuvres littéraires sauf la version kannara du Pañcatantra par Durgasim̃ha (1031), une des premières œuvres non jaïn qui nous soit parvenue.

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