C'est dans le mouvement étudiant révolutionnaire à Moscou que Kamenev, fils d'un ancien mécanicien devenu ingénieur, commence à militer. Arrêté, il doit regagner Tiflis avant de se rendre à Paris, puis à Genève où il adhère au groupe de l'Iskra. Bolchevik dès 1903, révolutionnaire professionnel, il remplit des missions clandestines en Russie et collabore avec Lénine pendant la révolution de 1905. En 1908, il le rejoint à Genève. Nommé représentant du P.O.S.D.R. (Parti ouvrier social-démocrate de Russie) au Bureau socialiste international, il participe aux Congrès de Copenhague (1910) et de Bâle (1912) de la IIe Internationale. En 1913, il rejoint Lénine à Cracovie avant d'aller prendre à Saint-Pétersbourg la direction du journal bolchevique la Pravda jusqu'à son interdiction en juillet 1914. Arrêté lors d'une réunion en Finlande du groupe des députés bolcheviques à la quatrième Douma qu'il avait convoquée, il s'affirme hostile au défaitisme révolutionnaire lors du procès en 1915, déclaration dont le parti lui fera grief par la suite. Déporté en Sibérie, il est libéré par la révolution de février 1917 et, dès son retour à Petrograd, il dirige pratiquement la Pravda avec Staline, rentré de déportation lui aussi. Ils se prononcent alors pour la collaboration avec les mencheviks, étant hostiles aux « thèses d'avril » de Lénine. Emprisonné lors des journées de juillet, puis libéré, Kamenev est avec Zinoviev le seul à voter en octobre contre le passage immédiat à l'insurrection armée. Ils vont même jusqu'à publier une lettre ouverte dans le journal de Gorki, Novaïa Jizn, où ils condamnent la décision du comité central comme un « acte de désespoir ». Lénine demande leur exclusion et Kamenev démissionne du comité central. Nommé président du Comité exécutif central des soviets, c'est-à-dire le premier président du jeune État soviétique, il cède cette fonction à Sverdlov. Il fait partie de la délégation qui mène les pourparlers de paix à Brest-Litovsk, se rangeant tantôt aux côtés de Trotski, tantôt à ceux de Lénine. « Kamenev, […]
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