Étroitement apparentés aux Kikuyu, les Kamba (Akamba ou Wakamba, singulier Mukamba), qui parlent le kithamba, occupent les districts de Machakos et de Kitui, au Kenya, dont ils constituent 11 p. 100 environ de la population, soit plus de 2 500 000 personnes dans les années 1990. Agriculteurs entreprenants, les Akamba établissent leurs champs le long des rivières, dans les petites dépressions, partout où ils peuvent trouver de l'eau. Les principales récoltes ont toujours été le sorgho, le maïs et le mil. À la recherche de nouvelles terres, les Akamba ont largement débordé leur habitat traditionnel de Machakos et n'ont pas craint de s'installer dans des régions peu fertiles, et même dans des zones impropres à l'agriculture, se transformant alors en éleveurs.
Dès le viiie siècle, les Akamba étaient en relations commerciales suivies avec les caravaniers arabes et swahili. Ils échangeaient l'ivoire et les esclaves (un petit commerce d'esclaves existait encore en 1912) et servaient d'intermédiaire entre la côte et le continent.
La structure sociale des Akamba est mal connue car elle a été considérablement modifiée par les changements socio-économiques. Ils sont divisés en vingt-cinq clans totémiques patrilinéaires, l'unité du clan étant toujours maintenue, même si celui-ci s'étend sur un très vaste territoire. La chefferie a une faible importance. La religion traditionnelle a gardé une certaine influence, malgré la conversion superficielle d'une partie de la population au christianisme.
Outre leur expansionnisme territorial, les Akamba témoignent d'une réelle faculté d'adaptation. Ils ont émigré en grand nombre dans les villes, notamment à Nairobi, et font preuve d'un grand talent commercial jusque dans les ports de la côte.
Roger MEUNIER
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