Le mot sanskrit kalpa signifie d'abord « agencement » et équivaut, dans la littérature védique, à rita (ṛta), qui désigne à la fois l'ordre cosmique, le rite et l'art, grâce à quoi les hommes parviennent à l'harmonie (autre sens du mot rita) avec l'énergie universelle. Cependant, kalpa se réfère plutôt à la liturgie en tant qu'elle est la mise en scène, sur le plan humain, du drame cosmique vécu par les dieux. C'est pourquoi les traités rituels védiques s'appellent kalpasūtra, « propositions normatives concernant l'agencement des actes rituels ». Progressivement, c'est la notion d'« agencement du temps » qui prévaut, et, dans l'hindouisme proprement dit, aussi bien que dans le bouddhisme et le jaïnisme, kalpa en vient à désigner, de façon spécifique, l'agencement de la durée, le cycle cosmique. Les trois religions s'accordent alors (à partir du ~ vie s.) pour appeler kalpa la « grande année » universelle, divisée en périodes de temps (que l'hindouisme nomme manv-antara, « intervalle de temps régi par un manu ») identiques dans leur structure quadripartite. Chacune des composantes de cette structure porte l […]
