Général et homme d'État rwandais, né en 1937 à Gasizi, dans la province du Gisenyi (Ruanda-Urundi, act. Rwanda), mort le 6 avril 1994 près de Kigali.
Juvénal Habyarimana étudie au Congo belge (act. République démocratique du Congo), d'abord les sciences humaines et les mathématiques au collège Saint-Paul, puis la médecine à l'université Lovanium. Après son retour au Rwanda en 1960, il s'engage dans la garde nationale à Kigali. Bien qu'il appartienne à la majorité hutu, il fait preuve de professionnalisme face à des insurgés hutu et tutsi. De promotion en promotion, il accède rapidement au poste de chef d'état-major (1963-1965), puis de ministre de la Défense et de chef d'état-major de la police (1965-1973). En avril 1973, il est promu général. Trois mois plus tard (le 5 juillet), à la tête d'un groupe d'officiers mécontents, il renverse le président Grégoire Kayibanda. Dans les premiers temps, Juvénal Habyarimana dirige seul le pays et interdit toute activité politique. En 1975, il lance le Mouvement révolutionnaire national pour le développement (M.R.N.D.), parti unique. Cependant, en 1991, la nouvelle Constitution instaure le multipartisme. Le M.R.N.D. devient le M.R.N.D.D. (Mouvement républicain national pour la démocratie et le développement) et les partis d'opposition se multiplient. Juvénal Habyarimana accorde de plus en plus de libertés civiles et, après la première élection pluraliste de 1992, est amené à déléguer certains pouvoirs au Premier ministre tutsi Dismas Nsengiyaremye. Le 6 avril 1994, Juvénal Habyarimana et le président burundais hutu Cyprien Ntaryamira, reviennent d'un sommet en Tanzanie lorsqu'un attentat est perpétré contre leur avion. La mort des deux dirigeants dans des circonstances troubles ravive les tensions sous-jacentes entre Hutu et Tutsi. Dès le lendemain commencent au Rwanda des massacres de masse, qui dureront jusqu'en juillet, provoquant l'exode de deux millions de personnes.
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