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JUNON, religion romaine

Le nom de Junon est sans doute à rattacher à la racine qui a donné en latin juvenis et juventus, exprimant une idée de « jeunesse » et donc de « plénitude de force physique ». L'assimilation à la divinité étrusque Uni ne paraît pas s'imposer. Déesse latine plus que romaine, Junon était honorée dans tout le Latium, à Lanuvium et à Tibur en particulier. Divinité complexe, elle offre des aspects très divers, et l'interprétation qu'on propose de son rôle varie selon l'accent mis sur tel ou tel de ses aspects.

Elle était honorée à Lanuvium sous le titre de Sospita Mater Regina, « protectrice, mère, reine ». G. Dumézil a montré que cette triple dénomination répondait aux trois besoins fondamentaux de toute société humaine : la défense contre les agressions extérieures, la fécondité, l'exercice d'un pouvoir souverain. De cette figure polyvalente, conservée dans l'un des plus vieux sanctuaires du Latium, on n'a plus mis en relief, selon les lieux et les temps, que tel ou tel trait : à Tibur, armée de la lance et montée sur un char, Junon est essentiellement guerrière ; sur l'Aventin, elle est exclusivement reine ; sur le Capitole, il y a toute chance pour qu'elle ait représenté, aux côtés de Jupiter, la totalité de la cité romaine. En raison sans doute de son aspect de mère, Junon a été la déesse des commencements (naissances et calendes) et de la féminité. Mais, si cet aspect a retenu l'attention de la plupart des savants modernes, il faut se garder de tout y ramener.

La complexité du personnage est encore accrue par les assimilations auxquelles il a donné lieu. Son titre de reine a probablement contribué à rapprocher Junon de la grecque Héra, et ses attributs guerriers ont pu permettre de la confondre avec la Tanit de Carthage après la deuxième guerre punique. Mais la Junon du Capitole n'en est jamais devenue pour autant l'épouse de Jupiter, auquel elle était associée. Si elle a été ressentie par les Romains comme équivalente à certaines divinités étrangères, ce fut en vertu d'une réflexion théologique qui reconnaissait en elle une multiplicité de fonctions dont telle ou telle se retrouvait chez Héra ou Tanit, non à cause d'une mythologie qu'aucune divinité romaine n'a jamais connue. Sa polyvalence lui permettait de s'harmoniser à telle ou telle dévotion des vaincus, sans rien perdre de son originalité.

Jean-Paul BRISSON

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« JUNON, religion romaine » est également traité dans :

ROME ET EMPIRE ROMAIN - La religion romaine

Écrit par :  Pierre GRIMAL

Dans le chapitre "Les divinités"  : …  roi et père des dieux, maître de la foudre, de la lumière, garant des serments ; sa parèdre *Junon, protectrice des matrones ; Minerve, patronne des artisans, et qui figurait avec Jupiter et Junon dans le grand temple du Capitole ; puis Cérès divinité du blé (analogue à la Déméter grecque), sa fille Libera (assimilée à Perséphone, et Liber… Lire la suite

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