Homme d'État sri-lankais, né le 17 septembre 1906 à Colombo (Ceylan, auj. Sri Lanka), mort le 1er novembre 1996 à Colombo.
Fils d'un juge de la cour suprême, chrétien converti au bouddhisme, Junius Richard Jayawardene obtient son diplôme de droit à Colombo en 1932 et exerce au barreau jusqu'en 1943, année où il est élu au Parlement colonial, le Conseil d'État. Depuis 1938, il milite au Ceylan National Congress, structure organisée du mouvement nationaliste cinghalais. En 1948, à la proclamation de l'indépendance, Jayawardene devient ministre des Finances du gouvernement post-colonial formé par les modérés de l’United National Party (U.N.P.), qu’il a rejoint en 1946. Il devient le numéro deux du parti sous le gouvernement de Don Stephen Senanayake, puis sous celui de son fils, Dudley Senanayake, et occupe diverses fonctions dans les hautes sphères : ministre des Finances (1948-1953, 1960), ministre de l'Alimentation et de l'Agriculture (1953-1956) ou encore ministre d'État (1965-1970). À la mort du jeune Senanayake, en 1973, Jayawardene prend la tête de l'U.N.P. et mène son parti à la victoire au scrutin de 1977, remporté haut la main.
Au poste de Premier ministre, Jayawardene fait amender la Constitution pour que le président sri-lankais soit investi de pouvoirs exécutifs (et non pas simplement protocolaires) et, en 1978, il obtient le premier mandat de président élu. À la tête de l'État, il donne un coup d'arrêt aux progrès du socialisme, en procédant à des coupes claires dans la fonction publique et en redynamisant le secteur privé, par des mesures telles que l'établissement d'une zone de libre-échange au nord de Colombo. Il est reconduit en 1982 pour un second mandat de six ans.
Mais, pendant ce temps, Jayawardene n'a pas vu monter les tensions qui opposent de longue date la majorité cinghalaise bouddhiste et la minorité tamoule hindouiste. Au début des années 1980, plusieurs groupes tamouls entament une guérilla pour faire entendre leurs revendications indépendantistes. Jayawardene s'oppose au séparatisme tamoul et use aussi bien de la force que du dialogue pour tenter, en vain, de mettre fin à l'insurrection. Il se retire de la vie publique en 1989, au terme de son second mandat présidentiel.
Universalis
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