3. Le règne de Julien et la réaction païenne
Julien affirma s'inspirer d'Auguste, de Trajan et de Marc Aurèle ; il voulait apparaître comme un prince humain et simple et non plus comme un despote isolé par une étiquette rigide. Les fonctionnaires corrompus ou inutiles furent éliminés, la police politique affaiblie ; les impôts furent allégés et les cités retrouvèrent leurs biens confisqués. Ce retour au passé était plus apparent que réel ; Julien ne changea pas les institutions constantiniennes et il est douteux que l'État romain eût pu supporter longtemps un allégement fiscal important, vu les nécessités militaires. De plus, Julien se considérait comme un personnage divin, issu du dieu Soleil, gouvernant sous l'inspiration des dieux : ces conceptions théocratiques étaient incompatibles avec la restauration d'un principat libéral. Il apporta tous ses soins à son œuvre religieuse. Depuis qu'il avait usurpé son titre, il se déclarait ouvertement païen. D'abord, il proclama la tolérance religieuse pour tous, ce qui permit aux évêques orthodoxes, exilés par l'arien Constance, de rentrer dans leurs cités. Il restitua leurs biens et privilèges aux temples et aux cultes païens et il supprima les privilèges des clercs chrétiens. Il adapta au paganisme des institutions spécifiquement chrétiennes : dans chaque province, il nomma un grand prêtre, sorte d'archevêque païen, qui recevait de l'empereur, grand pontife, des sortes d'encycliques. On devait installer dans les temples des ambons d'où seraient donnés des sermons commentant les textes sacrés païens. Julien voulait aussi instituer des maisons de vierges sacrées, des organismes de bienfaisance auprès des sanctuaires ; une manière de catéchisme païen fut rédigé. Le but de l'empereur était clair : il s'agissait de donner au paganisme la force que son unité, son universalité, son organisation donnaient au christianisme. C'était reconnaître l'impossibilité d'une restauration pure et simple de l'ancienne religion.
L'attachement de Julien à la vieille […]
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