L'Uruguay a donné coup sur coup trois poètes aux lettres françaises : Laforgue, Lautréamont, Supervielle. Trois hommes que tourmente une inquiétude métaphysique. De quoi imaginer quelque genius loci, ou jurer par Taine. Mais ce troisième Uruguayen était du Pays basque. Et, s'il est vrai que Paulhan, dans une lettre inédite à Supervielle, déplore que le Choix de poèmes (qui est de l'auteur lui-même) insiste sur le poète précieux aux dépens du métaphysicien, qui serait le vrai Supervielle, celui-ci n'écrivait-il pas à Etiemble combien il était heureux de voir que celui-ci l'estimait également comme poète domestique ? Ne serait-ce pas que ce poète, que plusieurs bons juges, dont Paulhan, tiennent pour le premier de sa génération, nul en effet n'a le droit de le « lier à quelque école que ce soit : philosophique, politique ou prosodique » (R. Speaight) ?
Dans les archives de Supervielle, j'ai relevé ce fragment d'une lettre qui lui fut adressée, le 8 mars 1927, par une familière de Rainer Maria Rilke, et selon laquelle « Rilke était très heureux de votre lettr […]


