2. La diversion du théâtre
L'exemple et la réussite de ses amis (Rostand, Tristan Bernard, A. Capus) l'amenèrent à écrire pour le théâtre où il ne voyait cependant qu'un « exercice inférieur ». D'emblée, ce fut le succès, avec des interprètes comme Granier (Le Plaisir de rompre, 1897), Brandès et Guitry (Le Pain de ménage, 1898), puis Antoine, qui joue Poil de carotte avec Desprès (1900), Monsieur Vernet avec Cheirel et Signoret (1903) et monte La Bigote à l'Odéon (1910). Ni drame en vers, ni théâtre d'amour ou de boulevard, ni pièce à thèse, le théâtre de Renard sort de son œuvre et de ses expériences. Il tourne autour du couple (une rupture : Le Plaisir de rompre ; une tentation : Le Pain de ménage, Monsieur Vernet), du mariage et de la famille (Poil de carotte et La Bigote). On y retrouve le sérieux de sa vie et les qualités de sa prose, dans la sobriété et la densité des répliques. Renard est devenu une figure parisienne. On le décore. Il entre à l'académie Goncourt. Mais il éprouve des remords. Le théâtre lui assure quelques ressources bien nécessaires, mais le détourne de sa vocation propre : la page vraiment « écrite ». Il lui faut se ressaisir, se retrouver, à la campagne.
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