Jeune avocat à Paris à la fin du second Empire, républicain convaincu, Jules Méline connaît le siège de Paris puis se laisse élire à la Commune, mais en donne sa démission presque aussitôt. Député des Vosges en 1872, très lié aux filateurs, il se fait vite connaître par ses interventions répétées en faveur de la protection de l'industrie nationale par l'élévation des tarifs douaniers. En 1883, son ami Jules Ferry lui confie le portefeuille du ministère de l'Agriculture : il se consacre à sa tâche avec beaucoup de conscience et il devient ainsi, pour un quart de siècle, le grand spécialiste des problèmes de l'agriculture. C'est alors la période difficile de la « crise agricole », marquée par la baisse des prix due à la concurrence des pays neufs. Si Méline fait établir des droits de douane sur les céréales, il aperçoit bien à l'origine les limites de cette solution et il désire améliorer parallèlement la rentabilité des exploitations. Il contribue activement dans ce sens à l'organisation du crédit agricole et il entrevoit l'importance d'un enseignement spécialisé pour la diffusion du progrès technique. Rapporteur général à la Chambre, il s'identifie définitivement au protectionni […]
