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MÉLINE JULES (1838-1925)

Jeune avocat à Paris à la fin du second Empire, républicain convaincu, Jules Méline connaît le siège de Paris puis se laisse élire à la Commune, mais en donne sa démission presque aussitôt. Député des Vosges en 1872, très lié aux filateurs, il se fait vite connaître par ses interventions répétées en faveur de la protection de l'industrie nationale par l'élévation des tarifs douaniers. En 1883, son ami Jules Ferry lui confie le portefeuille du ministère de l'Agriculture : il se consacre à sa tâche avec beaucoup de conscience et il devient ainsi, pour un quart de siècle, le grand spécialiste des problèmes de l'agriculture. C'est alors la période difficile de la « crise agricole », marquée par la baisse des prix due à la concurrence des pays neufs. Si Méline fait établir des droits de douane sur les céréales, il aperçoit bien à l'origine les limites de cette solution et il désire améliorer parallèlement la rentabilité des exploitations. Il contribue activement dans ce sens à l'organisation du crédit agricole et il entrevoit l'importance d'un enseignement spécialisé pour la diffusion du progrès technique. Rapporteur général à la Chambre, il s'identifie définitivement au protectionnisme en dirigeant le vote du tarif douanier de 1892, avec une autorité considérable et un remarquable souci de conciliation entre les intérêts de l'agriculture et ceux de l'industrie. Ce succès même le rendit quelque peu prisonnier de son personnage. Ayant évolué politiquement vers le centre droit, il prend la tête en 1896 d'un gouvernement dont la fonction essentielle est d'écarter l'impôt sur le revenu et il se maintient au pouvoir deux années durant jusqu'au succès de ses opposants de gauche aux élections de 1898. Il est encore ministre de l'Agriculture en 1915, publie deux livres de doctrine, Le Retour à la terre et Le Salut par la terre, et vit jusqu'en 1925, profondément vénéré des ruraux. On lui a beaucoup reproché depuis lors l'orientation défensive qu'il a donnée à la politique agricole française, et le terme de mélinisme a pris, non sans quelque injustice, une tonalité péjorative.

Pierre BARRAL

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TROISIÈME RÉPUBLIQUE

Écrit par :  Louis GIRARD

Dans le chapitre "La « question sociale », l'« apaisement » et l'alliance russe (1890-1898)"  : …  le retour au protectionnisme. Les paysans craignaient pour leur blé la concurrence des pays neufs. *Jules Méline assura, dès 1892, le retour à la protection douanière. Tout cela préparait les élections de 1893. Devant la montée du socialisme, les opportunistes, qui se nommaient désormais « progressistes », étaient devenus des conservateurs… Lire la suite

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