Germaine Durrière débute la thèse qu'elle consacre à Jules Lemaitre (Jules Lemaitre et le théâtre, 1934) en soulignant le paradoxe de sa vie d'homme de lettres : d'une part, il proclame l'incertitude et la vanité de la critique et il s'est fait critique ; d'autre part, il dénonce l'artifice et la convention du théâtre et il s'est fait dramaturge.
Rien ne destine ce fils d'instituteur au théâtre, ni son éducation chrétienne au petit séminaire d'Orléans, dont il restera marqué, ni ses minces connaissances dramatiques, à peu près limitées aux classiques. Entré en 1872 à l'École normale supérieure, il s'y fait remarquer comme un élève brillant. De 1875 à 1884, il fait carrière dans l'enseignement tout en s'occupant de travaux personnels, un peu trop d'ailleurs au gré de l'administration. Il publie deux recueils de sonnets : Les Médaillons (1880) et Petites Orientales (1883). À la même époque, il écrit dans la Revue bleue et commence à se faire un nom. En 1884, il rompt avec l'université et décide de se consacrer aux lettres. L'année suivante, il entre comme critique dramatique au Journal des débats, où il succède à J.-J. Weiss. Vont […]
