Le sang-froid de Grévy, avocat, théoricien du droit, n'avait d'égal que sa maîtrise du langage : « Ses mots sont frappés en médaille » disait-on. La finesse d'esprit était réelle dans ce corps de grenadier. La fermeté de ses convictions républicaines ne se démentit jamais. Il avait débuté en 1848 en proposant un amendement fameux contre l'élection du président de la République au suffrage universel. Tenté par le gouvernement d'assemblée, il allait s'attacher à dépersonnaliser la fonction politique. Élu député du Jura en 1863 et 1869 au Corps législatif, il est à la tête de l'opposition républicaine. Il s'oppose, avec Thiers et Gambetta, à la déclaration de guerre en 1870. Élu président de l'Assemblée nationale (1871-1873), puis de la Chambre des députés à partir de 1876, il joua un rôle important dans la crise du 16 mai 1876. Le 30 janvier 1879, le maréchal président Mac-Mahon démissionna et le Congrès, réuni à Versailles, élut Jules Grévy président de la République. L'influence de celui-ci a été capitale pour l'avenir de la fonction et de l'exécutif face au législatif. Les prérogatives constitutionnelles du président de la République, compromises par Mac-Mahon (révocation des m […]
