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JUGEMENT

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5.  La philosophie des propositions

La réflexion moderne sur les formes propositionnelles et leur statut, issue des analyses des logiciens, se maintient sur les plans techniques et se dispense des hypothèses sur le lien du jugement avec la subjectivité ou la conscience. Cependant, les points de vue techniques appellent leur problématique propre. Lorsque la fonction relationnelle de la proposition s'est substituée, comme on l'a dit, à la fonction compréhensive du concept, l'entité propositionnelle a pris la place de base dans l'économie des êtres logiques. En effet, les rapports de vérité s'établissent dans la composition ou dans la déduction des propositions ou dans la mise en correspondance de celles-ci avec l'expérience. Avant toute vérification, la proposition est l'unité d'un sens formulable et communicable. D'autre part, elle est la lexis invariante sur laquelle opèrent les quantifications et les prédicats modaux. Toutefois, ces propriétés qui marquent le rôle opératoire des propositions ne lui confèrent pas nécessairement une existence logique indépendante. Il y a là l'amorce d'un problème : un certain « atomisme logique », qui accordait à la proposition une valeur véritable d'élément, a été soumis ultérieurement à des critiques pertinentes.

D'une certaine manière, les philosophies logiques de Frege ou de Russell marquent l'apogée de cette vue atomistique. Il paraît naturel d'assigner à la proposition une signification et une vérité qui lui soient attachées en propre, de lui donner un contenu idéal qui est son sens, et une référence autonome au réel qui est sa vérité. Il semble même, à ces philosophes, que cela soit indispensable pour éviter les écueils d'une conception purement linguistique de l'énoncé et d'une conception purement pragmatique de la certitude. Ils cherchent, dès lors, à délimiter le domaine des propositions fondamentales qui garantissent la vérité des autres propositions : qu'il s'agisse des énoncés décrivant les données immédiates du champ sensible, ou de […]

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ANALYTIQUE PROPOSITION

Écrit par :  Françoise ARMENGAUD

… *Le mot « analytique » a au moins trois sens. 1. Au sens large, une proposition est dite analytique si elle est vraie en vertu de la signification des termes qu'elle contient. La simple considération des significations suffit à donner l'assurance de sa vérité. À ce sens se rattachent le nominalisme de Hobbes, pour qui la vérité nécessaire est telle… Lire la suite
AYER ALFRED JULES (1910-1989)

Écrit par :  Francis JACQUES

Dans le chapitre "Vers une élucidation du langage scientifique"  : …  opérations a priori ou analytiques, vraies par définition. b) On donnera une analyse des *jugements moraux qui tienne compte des certitudes du sens commun (ce ne sont pas des hypothèses) et rectifie l'analyse fautive de G. E. Moore (elles seraient synthétiques et a priori). Pour autant qu'ils ont un sens, ce sont des énoncés scientifiques… Lire la suite
BRADLEY FRANCIS HERBERT (1846-1924)

Écrit par :  Jean WAHL

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BRENTANO FRANZ (1838-1917)

Écrit par :  Samuel Hugo BERGMAN

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CRITIQUE DE LA FACULTÉ DE JUGER, livre de Emmanuel Kant

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CROYANCE

Écrit par :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "Du langage ordinaire au langage philosophique"  : …  opinion, premier synonyme de la croyance, ne s'épuise pas à signifier le non-savoir, la non-vérité. *Il est aussi l'équivalent du jugement, comme on voit avec le verbe opiner : opiner, croire, c'est porter un jugement ; or, en tant qu'opération et activité d'opiner, la croyance-opinion tend à prendre une signification positive, qui compense l'… Lire la suite
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Dans le chapitre "L'empirisme au XIXe et au XXe siècle"  : …  , mais deux sortes de rationalité : la rationalité logique, qui transmet des valeurs de vérité, *et la rationalité du jugement, qui transmet des valeurs de crédibilité. Ces deux formes de rationalité s'entremêlent en nos raisonnements comme la structure syntaxique et le vocabulaire dans un texte. Quelle que soit la structure logico-mathématique… Lire la suite
ESTHÉTIQUE - Histoire

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Dans le chapitre "L'esthétique de Kant"  : …  une règle d'après laquelle quelqu'un pourrait être obligé de reconnaître la beauté d'une chose ». *Le jugement esthétique est donc subjectif ; c'est un jugement réfléchissant, susceptible de varier d'un sujet à l'autre, et qui s'oppose par là au jugement logique, déterminant, lequel, reposant sur des concepts, est invariable. Le plaisir,… Lire la suite
ÉTHIQUE

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Dans le chapitre "La constitution de la notion de valeur"  : …  à une position de liberté en première personne est essentielle à l'évaluation. Elle met en jeu le *jugement moral, inséparable de la volonté qu'aura chacun d'effectuer sa propre liberté, de l'inscrire dans des actes et dans des œuvres qui pourront eux-mêmes être jugés par d'autres. À son tour, cette référence à l'évaluation par autruiLire la suite
ÊTRE, philosophie

Écrit par :  Giulio GIORELLO

Dans le chapitre "L'existence n'est pas un prédicat"  : …  ne peut être l'une des perfections de Dieu » (p. 88). Cependant, leur accord n'est pas complet. *« Kant affirme que dans le jugement d'existence nous « posons » une chose, alors que chez Frege il n'y a aucun recours à cette notion obscure. Au lieu de cela, un jugement d'existence est considéré comme une proposition au sujet d'une fonction [...].… Lire la suite
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IDÉALISME

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KANT EMMANUEL (1724-1804)

Écrit par :  Louis GUILLERMIT

Dans le chapitre "La synthèse a priori, problème général de la raison"  : …  Que, sans recourir à l'expérience, un *jugement attribue un prédicat à un concept où il le découvre implicite, ou qu'à l'inverse il trouve dans les données de l'expérience de quoi l'enrichir, voilà qui laisse sans mystère l'analyse qu'il effectue a priori dans le premier cas, la synthèse à laquelle il procède a posteriori dans le second. Mais on ne… Lire la suite
LOGIQUE INDIENNE

Écrit par :  Kuno LORENZ

Dans le chapitre "Raisonnement et prédication"  : …  tardives du jaïnisme. Les mādhyamika qui, par anti-essentialisme, ne s'autorisent à porter que des *jugements négatifs où l'on s'engage le moins possible, utilisent une formule à quatre lemmes, le « catuṣkoṭi » : un objet (1) n'est pas a, (2) n'est pas non-a, (3) n'est pas à la fois a et non-a, (4) n'est ni aLire la suite
MOORE GEORGE EDWARD (1873-1958)

Écrit par :  Françoise ARMENGAUD

Dans le chapitre "La critique du psychologisme, de l'idéalisme et du naturalisme éthique"  : …  des Principles of Logic de Francis Herbert Bradley, et, par-delà, du psychologisme. Nos *jugements ne portent pas sur « nos idées », mais sur ce à quoi nos idées se réfèrent, c'est-à-dire ce que Moore appelle un « concept ». Ce dernier n'est ni un fait mental ni une partie d'un fait mental ; proche de la « forme » platonicienne, il ne… Lire la suite
MOYEN ÂGE - La pensée médiévale

Écrit par :  Alain de LIBERA

Dans le chapitre "Logique du sens"  : …  Aristote appelle « la saisie des indivisibles ». La connaissance véritable commence lorsqu'il y a *jugement développé, composition de notions, aperception non plus d'une chose ou quiddité, mais saisie de l'inhérence d'un prédicat à un sujet ; et il y a connaissance scientifique lorsqu'il y a articulation de jugements, raisonnement menant… Lire la suite
NOUVELLE RHÉTORIQUE, droit

Écrit par :  Benoît FRYDMAN

Dans le chapitre "Une nouvelle logique juridique"  : …  moderne s'était attachée à réduire l'activité du juge à une simple mission d'exécution de la loi et* le jugement à un acte de pure logique déductive, par lequel le juge applique mécaniquement le sens clair de la loi aux faits de la cause. La nouvelle rhétorique montre que ce « syllogisme judiciaire » (qui est en réalité lui-même une figure de… Lire la suite
PHILOSOPHIQUES SYSTÈMES

Écrit par :  Jacques MOUTAUX

Dans le chapitre "De l'histoire de la philosophie à la philosophie"  : …  des idées, qui passent l'expérience, comme on établit celles des principes qui la rendent possible. *Martial Guéroult fonde toute sa déduction des systèmes sur l'interprétation de la philosophie première, ou métaphysique, ou ontologie, comme position de jugements thétiques. Est thétique tout jugement qui pose et détermine ce qu'est la réalité… Lire la suite
PLATON (~428 env.-env. ~347)

Écrit par :  Monique DIXSAUT

Dans le chapitre "Penser et parler"  : …  L'âme va et vient de questions en réponses et finit le plus souvent par s'immobiliser en un *jugement (c'est lui que l'âme retiendra, et c'est l'image tracée à partir de lui qu'elle reverra plus tard à l'intérieur d'elle-même). Lorsqu'elle juge, l'âme ne se parle plus ; soucieuse de sécurité et de stabilité plus que de vérité, elle affirme… Lire la suite
POLITIQUE - La science politique

Écrit par :  Marcel PRÉLOT

Dans le chapitre "Les modes de connaissance"  : …  *En face de l'État, objet du politique, l'esprit humain peut éprouver des curiosités diverses et se proposer des buts différents : il peut réfléchir sur la cité en philosophe ; il peut ambitionner, en savant, de découvrir et de décrire les phénomènes de la vie politique ; il peut vouloir, en homme d'action, faire prévaloir ses vues sur la conduite… Lire la suite
PROPOSITION, philosophie

Écrit par :  Françoise ARMENGAUD

… *Il convient d'abord de distinguer la phrase, le jugement, l'énoncé et la proposition. La phrase est une entité linguistique, soumise à des règles grammaticales, qui assurent sa correction, et à d'éventuels critères stylistiques ; on considère qu'elle exprime un jugement ou un énoncé ; elle est susceptible d'être proférée verbalement par un… Lire la suite
PSYCHANALYSE & CONCEPT D'OPPOSITION

Écrit par :  Émile JALLEY

Dans le chapitre "La polarité du jugement"  : …  Négation » (1925), la doctrine freudienne concernant l'« origine psychologique » de la fonction du *jugement. La « polarité » du jugement, négatif et positif, trouverait sa racine génétique dans le couple pulsionnel de la destruction et de l'Éros. La négation serait un « successeur de l'expulsion », dont la fonction est le propre de la pulsion de… Lire la suite
RÉALITÉ

Écrit par :  Ferdinand ALQUIÉ

Dans le chapitre "Réalité et jugement"  : …  *Il semble résulter des observations précédentes que la réalité est ce qui, selon tel ou tel critère, selon tel ou tel caractère, est « jugé » réel. On retrouve ici le sens et la portée du célèbre texte de Descartes, relatif aux hommes qui passent dans la rue, « à la vue desquels je ne manque pas de dire que je vois des hommes [...] et cependant que… Lire la suite
RELATION

Écrit par :  Jean LADRIÈRE

Dans le chapitre "La doctrine des catégories : Aristote et Kant"  : …  d'Aristote et celle de Kant. Chez ces deux auteurs, les catégories sont rattachées à la doctrine du *jugement ; elles représentent les divers modes selon lesquels peut fonctionner le jugement. Mais, alors que chez Aristote elles ont une portée à la fois logique et ontologique, chez Kant, conformément au point de vue criticiste qui est le sien, elles… Lire la suite
SCIENCES - Science et philosophie

Écrit par :  Alain BOUTOT

Dans le chapitre "Science et axiologie"  : …  Wihelm Windelband, qui établit une distinction fondamentale entre deux types de propositions : les* jugements de fait (Urteilen), d'une part, et les jugements de valeur (Beurteilungen), d'autre part. Les premiers expriment la coappartenance de deux représentations objectives, les seconds le rapport du sujet à l'objet représenté… Lire la suite
SYNTHÈSE, philosophie

Écrit par :  Françoise ARMENGAUD

… *Pour présenter la synthèse, on s'inspirera plus particulièrement de deux philosophes qui ont fait d'elle un moment essentiel de la pensée : Kant et Hegel. Kant introduit la distinction entre les jugements analytiques, qui élucident et expliquent un concept sans communiquer d'information nouvelle (par exemple : « Tous les corps sont divisibles »),… Lire la suite
VÉRITÉ

Écrit par :  Robert BLANCHÉAntonia SOULEZ

Dans le chapitre " Logique"  : …  élaborées. Peut-être faut-il plutôt les rapporter seulement à des pensées, plus précisément à des *jugements. Mais c'est là une conception idéaliste qui, comme telle, ne va pas non plus sans soulever des objections. On se permettra donc, en l'absence d'un terme général qui embrasse ces diverses notions, de jouer sur le sens large du mot… Lire la suite
VOLONTÉ

Écrit par :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "Le contexte « épistémologique » : Descartes"  : …  la volonté, comme le moment d'action qui se compose avec le moment de passion de l'entendement. *Seul le jugement est l'objet d'une expérience complète et concrète ; du moins, cette expérience se prête à la décomposition en deux causes concourantes, à la faveur de la disproportion qu'elle présente entre le caractère borné de l'une et l'amplitude… Lire la suite

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