2. La théologie judéo-chrétienne
C'est dans le cadre apocalyptique, qui lui est commun avec le judaïsme du temps, que s'inscrit la théologie judéo-chrétienne. Le mystère de la Trinité est exprimé dans des catégories empruntées à l'angélologie ; l'Incarnation est présentée comme la descente cachée du Bien-Aimé à travers les sept cieux et leurs anges ; la descente aux enfers, l'ascension décrivent le mystère du Salut en référence à la cosmologie sacrée ; la croix est par sa matière un signe de puissance, sceptre ou verge, et par sa forme un symbole de l'extension cosmique de l'action du Christ ; l'Église est, comme déjà dans l'Épître aux Éphésiens et dans l'Apocalypse, préexistante dans la pensée de Dieu ; enfin, un règne terrestre du Christ, d'une durée de mille ans, précède le Jugement et la Terre nouvelle.
La structure de l'Église présente aussi des traits particuliers. Une Église locale est gouvernée par un collège de douze presbytres, dont l'un a la prééminence. Cela est attesté par les écrits clémentins et supposé par les Lettres d'Ignace d'Antioche, qui compare les presbytres au sénat des Apôtres. L'Église d'Égypte paraît avoir gardé longtemps cette structure. L'initiation comporte trois degrés : baptême de feu ou exorcisme ; baptême d'eau ; baptême d'Esprit-Saint avec l'onction et le couronnement. Les rites concernant les mourants se sont développés comme en témoignent les lamelles trouvées dans les ossuaires. La mort et la résurrection du Christ sont commémorées le 14 nizan, jour de la Pâque juive, ce qui constitue l'usage quartodéciman. Enfin, on remarquera les tendances ascétiques de l'Église judéo-chrétienne, particulièrement en Syrie, où les ascètes et les vierges occupent dans la communauté un rang privilégié.
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