En butte aux humiliations de la Croix et du Croissant dans l'Espagne chrétienne et musulmane, témoin de la diffusion parmi les juifs de la philosophie gréco-arabe dont il déplore le pouvoir de séduction et les ravages qu'elle provoque, Juda Hallévi, l'un des plus grands poètes de l'« âge d'or » espagnol, est l'auteur d'un ouvrage et le promoteur d'une action qui lui assureront dans le judaïsme une place de premier plan.
Dans un livre devenu classique, il défend sa foi contre la philosophie, le christianisme et l'islam, et tente, contrairement à la plupart des philosophes juifs du Moyen Âge, de mettre en lumière la spécificité de la religion et de fournir une interprétation de l'existence juive. Ayant compris que « ni en Orient ni en Occident il n'existe pour nous un lieu d'espoir en qui nous puissions nous fier », il s'arrache non sans déchirement à l'Espagne, sa terre natale, et, bravant tous les risques, il part pour Sion qu'il a chantée en des vers émouvants (Les Sionides). La légende s'empare de l'homme.
Né à Tudèle en Navarre (à l'époque, ville musulmane), Juda Hallévi descend vers le sud, en Anda […]
Autres références
« HALLÉVI JUDA (1075 env.-1141) » est également traité dans :
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APOLOGÉTIQUE
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Bernard DUPUY
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la pensée du Talmud, soutient qu'il y a harmonie entre la révélation, la tradition et la raison. *Il y eut bientôt une réaction. Dans le Kuzari (1140), Judah Halevi imagina un dialogue entre un chrétien, un musulman et un rabbin en présence du roi des Khazars, qui finit par se convertir au judaïsme ; il fit une critique sévère de la…
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JUDAÏSME - La religion juive
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Georges VAJDA
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intellectualiste qui se rendait dangereux aux yeux des croyants traditionalistes fut stoppé ; *Juda Hallévi (mort vers 1140) le critiqua très durement, en montrant la spécificité de l'expérience religieuse et la situation unique du judaïsme face à la philosophie et face aux religions issues de lui. Les talmudistes purs n'étaient pas hommes…
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TORAH
Auteur :
Roland GOETSCHEL
Elles se heurtent, cependant, à l'opposition du courant fidéiste dont la plus belle figure fut *Juda Hallévi (1085-1140). Pour celui-ci, la Tōrah ne saurait être une sorte de redondance des vérités métaphysiques formulées par les philosophes. La fonction de la Tōrah dans l'économie de l'univers ne se comprend qu'à partir de l'élection d'Israël…
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Bibliographie
J. Hallévi, Kitâb al-hujja wad-dalîl fî nasr al-din adh-dhalîl, ou Kuzari, texte arabe et trad. hébraïque de J. Ibn Tibbon, H. Hirschfeld éd., Leipzig, 1887
Kitâb al-radd wa-l-dalîl fî al-dîn al-dhalîl, éd. critique du texte arabe par D. Z. Banet, Jérusalem, 1977
Shîrîm (Poésies), I. Zemora éd., 5 vol., Tel Aviv, 1964
J. Guttmann, Philosophies of Judaism, New York, 1964
I. Heinemann, Kuzari. The Book of Proof and Argument (extraits en anglais), Oxford, 1947
H. Schirmann, La Poésie hébraïque en Espagne et en Provence (Ha-shira Ha-'ibrit bi-Sefarad ube-Provans), 2 vol., Jérusalem-Tel Aviv, 1954-1956
G. Vajda, Introduction à la pensée juive du Moyen Âge, Vrin, Paris, 1947
M. Ventura éd., Le Livre du Kuzari, trad. partielle annotée, E. Rieder, Paris, 1932, reprod. fac-sim., Vrin, 1982.
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