Juan Rulfo fut un romancier mexicain. Deux livres ont imposé son nom, un recueil de nouvelles, El Llano en llamas (1953), et un roman, Pedro Páramo (1955). Son œuvre s'inscrit dans la tradition du genre régionaliste illustré particulièrement, en Amérique latine, par des écrivains tels que Alcides Argüedas, Ciro Alegría, José María Argüedas, ou encore Jorge Icaza, Miguel Ángel Asturias, Augusto Roa Bastos.
1. Une vie difficile
Rulfo naît le 16 mai 1918, au Mexique, dans un petit village de l'État de Jalisco, à quelque cinq cents kilomètres au nord-ouest de Mexico. Les terres arides et brûlantes de cette région marqueront en lui une profonde empreinte. Orphelin de bonne heure, il est mis dans un pensionnat tenu par les religieuses de Guadalajara ; il obtient ensuite une place de comptable. À l'âge de quinze ans, il mène, à Mexico, une existence difficile, poursuivant très irrégulièrement des études de droit et de lettres. En 1935 il trouve un emploi de bureau dans les services de l'immigration. De 1947 à 1954 il est au service d'une entreprise de caoutchouc. En 1955, il participe à un ambitieux programme d'irrigation près de Veracruz. Le projet ayant fait faillite, il revient à Mexico en 1956 ; il écrit des scénarios et des adaptations pour le cinéma commercial. En 1959, à Guadalajara, il travaille pour la télévision. À partir de 1962 il travaille à l'Instituto indigenista de Mexico, organisation au service des communautés primitives indiennes dont il dirige ensuite le département éditorial. Il meurt à Mexico le 8 janvier 1986.
Sa première œuvre, écrite vers 1940, mais détruite plus tard, fut un gros roman sur la vie des habitants de Mexico. « Le fait même de l'avoir écrit, déclare Rulfo, semblait signifier que j'essayais de trouver une issue à la solitude dans laquelle je vivais, pas seulement à Mexico, mais depuis de nombreuses années, depuis mes années d'orphelinat. » En 1942, dans une revue de Guadalajara, il publie une nouvelle au titre ironique : La vida no es muy seria en sus cosas (Il ne faut pas p […]
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