Parmi les nombreux généraux espagnols qui ont joué un rôle prépondérant dans la politique espagnole, après la guerre d'Indépendance et surtout grâce aux guerres coloniales en Amérique et aux guerres carlistes en Espagne, Juan Prim y Prats est peut-être celui qui représente le mieux le héros militaire romantique aux yeux du peuple, un peu comme s'il était le successeur du général libéral Torrijos, fusillé à Málaga sur ordre de Ferdinand VII.
Pendant la première guerre carliste (1833-1839), il s'illustra dans les rangs des cristinos ou constitutionnels, partisans de Marie-Christine et de sa fille, héritière à l'âge de trois ans du trône de Ferdinand VII. Il termina cette guerre comme lieutenant-colonel, mais, déjà, il était un fervent progressiste, tout en s'opposant à l'esprit autoritaire du général Espartero. Aussi n'est-il pas étonnant qu'en 1843 il contribue à l'éviction d'Espartero et à la défaite des ayacuchos, ces militaires qu'unissait une défaite subie au Pérou, à Ayacucho, d'où leur surnom. Prim dirigea le soulèvement à Reus, sa ville natale, et à Barcelone. Espartero dut quitter le pays. Serrano, Narváez et Prim triomphaient. Et ce dernier fut no [… ]
