Neveu et élève de Francisco de Mora, Gómez de Mora poursuivit l'œuvre de libération de l'architecture espagnole commencée par son oncle et conduisit celle-ci jusqu'au baroque. Ses principales sources d'inspiration furent les traités d'architecture italiens ; il s'intéressait particulièrement à la théorie de la construction et aux principes du décor des monuments. Devenu maître des œuvres royales en 1611, il donna la pleine mesure de son talent.
Sa réalisation la plus ancienne, l'église de l'Incarnation à Madrid (1611-1616), imite celle de San José d'Ávila, bâtie par son oncle. Gómez de Mora met au point un type d'église qui connaîtra, auprès des ordres religieux, un grand succès au xviie siècle. En 1617, il fournit les plans de la Clerecía, l'immense collège des jésuites de Salamanque. L'œuvre, lentement réalisée, fut modifiée en cours de construction par ses successeurs. L'église des jésuites d'Alcalá de Henares (Nouvelle-Castille), terminée en 1625, est la plus italienne de ses œuvres. Ses fonctions officielles conduisirent Juan Gómez de Mora à réaliser la Plaza Mayor de Madrid (1617-1619), longtemps le seul ensemble vraiment urbain de la capitale espagnole, mais qui fut reconstruite après lui. Entre 1619 et 1621, il édifia une façade monumentale pour l'Alcázar de Madrid. Toujours dans la ville, on lui attribue la Cárcel de Corte (1629-1634), actuel palais de Santa Cruz. Il éleva ensuite la Quinta de la Zarzuela (1634-1637) ainsi que l'Ayuntamiento (à partir de 1640), sensiblement modifié plus tard par Teodoro Ardemans, qui y introduisit le pittoresque baroque de ses tours et de ses portes.
Marcel DURLIAT
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