Peintre espagnol. Sourd-muet depuis l'âge de trois ans (El Mudo) et d'une santé très précaire, Juan Fernández de Navarrete ne put réaliser pleinement ses dons de décorateur et de coloriste. Son talent est reconnu très tôt par les hiéronymites du monastère de La Estrella (Navarre) qui l'accueillent et qui l'aident à entreprendre un voyage en Italie. Il visite Rome, Florence, Naples et Venise surtout, où il semble s'être attardé pour travailler dans l'atelier de Titien.
De 1568 datent sa première commande pour le monastère de l'Escorial et l'estime de Philippe II qui le nomme « peintre du roi ». Il travaille une dizaine d'années pour le monastère et meurt à Tolède en 1579 en laissant inachevée la décoration des autels de l'église.
Grand admirateur de Titien et de Tintoret, c'est en effet l'art de Venise qu'il introduit à l'Escorial avant l'arrivée des artistes italiens appelés par Philippe II après 1580. Sa première œuvre connue, Le Baptême du Christ (Prado), reflète son goût pour les maniéristes romains par ses formes amples et son coloris clair. Le Martyre de saint André, daté de 1571, témoigne par ses raccourcis hardis et ses recherches de […]
